Une controverse politique a éclaté hier suite à la diffusion massive d'une vidéo tournée dans le quartier de Bonaberi à Douala, soulevant des questions graves sur l'intégrité du processus électoral en cours et provoquant de vives réactions parmi les différentes formations politiques.
La vidéo, devenue virale en quelques heures sur les réseaux sociaux, montrerait des individus initialement identifiés comme des agents d'ELECAM (Élections Cameroon) mais qui seraient en réalité, selon plusieurs sources, des militants du SDF (Social Democratic Front). Ces personnes auraient été filmées en possession de récépissés appartenant à des citoyens camerounais, suggérant un possible système organisé de fraude électorale.
"Ce qui s'est passé à Bonaberi en est une illustration parfaite. Nous avons tous cru que ces hommes étaient d'ELECAM... que non ! Ils sont du SDF !", dénonce un communiqué diffusé par des militants du MRC (Mouvement pour la Renaissance du Cameroun).
Dans le sillage de cette affaire, des accusations de collusion entre le SDF et le parti au pouvoir, le RDPC (Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais), ont émergé. Selon certains observateurs politiques, cette alliance tacite aurait pour objectif d'affaiblir la montée en puissance du MRC dans le paysage politique camerounais.
"Le SDF et le PCRN (Parti Camerounais pour la Réconciliation Nationale), voyant que la Renaissance prend énormément de terrain sur l'ensemble du territoire national, préfèrent jouer ami-ami avec le RDPC et faire tout pour empêcher le MRC, parti plébiscité par le peuple camerounais", affirme un analyste politique proche de l'opposition.
Les critiques les plus virulentes accusent même le SDF d'avoir adopté la stratégie du "ça gâte, ça gâte", suggérant une volonté délibérée d'entraver le processus démocratique plutôt que de permettre une alternance politique au profit du MRC.
Cette affaire intervient dans un contexte électoral tendu, à l'approche des échéances cruciales de 2025. Les partisans du MRC appellent désormais à une mobilisation citoyenne pour assurer l'intégrité du processus électoral.
"Désormais le peuple est le seul défenseur de la Renaissance. Le peuple devra défendre les PVs dans chaque bureau de vote sinon le SDF sera capable de les vendre au RDPC", peut-on lire dans plusieurs publications partagées par des sympathisants du MRC.
Contactés par notre rédaction, les représentants du SDF n'ont pas souhaité s'exprimer immédiatement sur ces allégations, indiquant qu'une communication officielle serait faite après analyse complète de la situation.
Le RDPC, par la voix d'un porte-parole, a quant à lui catégoriquement réfuté toute implication dans un "prétendu système de fraude", qualifiant ces accusations de "manœuvres désespérées d'un parti en perte de vitesse".
Suite au tollé provoqué par cette vidéo, plusieurs organisations de la société civile ont annoncé le lancement d'enquêtes indépendantes pour faire la lumière sur ces allégations.
ELECAM a également publié un communiqué laconique indiquant que "toute personne impliquée dans des tentatives de fraude électorale répondra de ses actes devant les juridictions compétentes".
L'affaire pourrait connaître de nouveaux développements dans les prochains jours, alors que des voix s'élèvent pour réclamer l'intervention des autorités judiciaires.