Une pétillante irritation des voies respiratoires a été observée et signalée dans l’après-midi de vendredi 7 août sur le tronçon Camp Yeyag (Elig Effa) – Mokolo - Melen-Cité verte (MEC), dans la cité capitale.
Les habitants des quartiers Elig-Effa, Melen, Parc national, Cité verte, ainsi que les nombreux usagers empruntant le tronçon reliant Melen à Mokolo, ont été confrontés dans l’après-midi de vendredi dernier, à une situation inaccoutumée. Une forte odeur irritante et désagréable, s’est répandue dans l’air, suscitant une gêne respiratoire chez plusieurs personnes et contraignant certains passants à se protéger avec des cache-nez.
Selon des témoignages concordants, il devenait difficile de circuler normalement dans cette zone. « C’est irrespirable. On ne comprend pas ce qui se passe. De Mokolo jusqu’à l’EMIA, l’air est contaminé. Ça pique dans les narines et tout de suite ça peut vous donner la grippe. Chez d’autres personnes, ça peut causer des complications respiratoires », rapporte un passant, décrivant une sensation d’irritation ressentie sur plusieurs centaines de mètres. « C’est niveau du Cam Yeyap qu’au bord de mon véhicule, j’ai pratiquement suffoqué. L’air était irrespirable. J’ai rapidement remonté les vitres de mon véhicule et mis en marche la climatisation », affirme Okala Harold, journaliste au bihebdomadaire L’Indépendant.
Plusieurs riverains, rapportent que l’odeur saumâtre s’est répandue dans l’air après le passage d’un camion militaire anti-émeute qui a traversé le secteur aux environs de 14 heures. « On a vu un camion anti-émeute passer autour de 14 heures. Il y aurait une fuite de gaz lacrymogène qui s’échappait, parce que juste après son passage, la forte odeur est restée », affirme Loïc Léma, habitant du quartier Elig Effa.
Au moment où nous mettions sous presse, aucune autorité administrative ne s’est exprimée sur l’origine et les circonstances de la propagation de ce gaz. Dans l’attente d’une communication officielle sur cet incident, l’opinion s’en tient aux témoignages recueillis auprès des riverains.
Rappelons que le gaz lacrymogène est un composé chimique incapacitant non létal qui irrite les yeux, les voies respiratoires et provoque un écoulement abondant de larmes. Il est largement utilisé par les forces de maintien de l’ordre et/ou des particuliers pour l’autodéfense. L’on distingue le gaz CS, plus utilisé par les forces de police, il se disperse sous forme de microparticules provoquant des brûlures oculaires ; le gaz poivre est quant à lui un extrait naturel de piment, très efficace pour neutraliser rapidement, même en cas de consommation d’alcool ou de drogue. Dans leur format de projection, ils se déclinent en spray/gaz (nuage large), en gel (plus précis, résistant au vent) ou en grenades lacrymogènes. Effets immédiats sur le corps : yeux (fermeture involontaire, brûlures intenses et larmes abondantes) ; respiration (toux, difficultés à respirer, irritation de la gorge et de la bouche) ; peau (sensation de brûlure et de picotements, surtout avec les versions au poivre.
Que faire en cas d’exposition ? S’éloigner immédiatement de la zone polluée et chercher de l’air frais ; ne pas se frotter les yeux pour éviter d’aggraver l’irritation ; rincer abondamment les yeux et le visage à l’eau claire ou avec du sérum physiologique ; retirer les vêtements contaminés si le contact a été direct et important.