Successeur de Paul Biya : le nouvel acte de Ferdinand Ngoh Ngoh qui explique tout

Ngoh Ngoh Biya & Femmes Prise de pouvoir

Tue, 9 Jun 2026 Source: www.camerounweb.com

A la présidence de la République, on n’en revient pas. Quelle mouche a piqué Ferdinand Ngoh Ngoh, se demande L’Indépendant (parution n°1037) lorsque le 1er mars 2022, il se fend de sa plus belle plume, pour adresser une correspondance sur fond d’injonction au Directeur du cabinet civil (Dcc), Samuel Mvondo Ayolo, au Directeur de la sécurité présidentielle (Dsp), le général Ivo Desancio Yenwo, au chef d’État-major particulier de la présidence de la République, au commandant de la Garde présidentielle (Gp), le colonel Charles Raymond Beko’o Abondo, à l’intendant principal de la présidence de la République (Ipp), aux conseillers techniques et aux chefs des structures internes du secrétariat général de la présidence de la République.

Arguant de la formule, « d’ordre du président de la République », évitant l’expression devenue banale, « sur très hautes instructions présidentielles », le ministre d’État Sg/pr, veut faire transférer à la direction de l’informatique sous son contrôle, l’ensemble des codes des communications présidentielles : « la direction de l’informatique est chargée de prendre toutes les dispositions utiles et nécessaires au fonctionnement et à la sécurisation des réseaux informatiques et de télécommunication de la présidence de la République », peut-on lire sur la note. Ainsi, le couple présidentiel et l’ensemble des responsables du palais, seraient mis sur table d’écoute. Toutes leurs communications téléphoniques, internet, mails et autres seraient filtrées depuis le pool de la direction de l’informatique contrôlée par le ministre d’État Sg/pr.

Coup fourré. Non content de s’être autoproclamé ministre du ciel, de la terre et de la mer, du fait d’une boulimie indescriptible du pouvoir, le ministre d’État Sg/pr, tente un passage en force à l’effet de contrôler un des points névralgiques de la présidence de la République. On connait la rengaine : « qui tient l’information, tient le pouvoir ». En renvoyant à leur administration d’origine les techniciens de Camtel préposés à la supervision des télécommunications présidentielles, et en tentant de s’arroger tous les codes informatiques et des télécommunications du palais, Ferdinand Ngoh Ngoh veut s’ériger en seul maître à bord. Un projet qui passe mal aux yeux des principaux responsables des services sécuritaires du palais, qui n’y voient rien moins qu’un autre coup fourré.

De toute évidence, le Commandant de la garde présidentielle, le colonel Beko’o Abondo et le directeur de la sécurité présidentielle, le général Ivo Desancio, se refusent d’obtempérer à cette instruction lourde de conséquences sur la sécurité du Chef de l’État. Les rapports de ces deux responsables avec le Sg/pr sont tumultueux ces derniers temps. C’est un secret de polichinelle que le Sg/pr a tenté à plusieurs reprises de les faire évincer sans succès.

Le général Ivo, n’est pas tombé de la dernière pluie. C’est aujourd’hui un meuble du palais. Ses faits d’armes datent du coup d’État d’avril 1984 où, de manière héroïque, il se range du côté des loyalistes en préservant l’intégrité physique du Chef de l’État, organisant la riposte contre les mutins. En 2004, le Chef de l’État le nomme Directeur de la sécurité présidentielle. Cet officier général originaire du Nord-ouest, est donc un homme d’influence et d’expérience qui trône depuis deux décennies dans le premier cercle des proches collaborateurs du chef de l’État.

Ferdinand Ngoh Ngoh a-t-il pris une telle initiative de son propre chef ? Les prochains jours nous en diront davantage. Toujours est-il que dans les jeux et les enjeux pour le contrôle du pouvoir après Paul Biya, cette guerre autour des télécommunications présidentielles, est le prolongement de la guerre sans merci des réseaux qui se neutralisent.

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