2
General News Tue, 22 Oct 2019

Succession de Biya: Jean De Dieu Momo dézingue les Bamiléké et J-B Tagne

Le ministre délégué auprès du ministre de la Justice pense que la communauté Bamiléké ne va pas «arrêter de contester la succession du Président Paul Biya tant que le successeur ne sortira pas de leur lit successoral tribal.

Dans son dernier message sur sa page Facebook, Jean De Dieu Momo s’adonne à un de ses exercices favoris depuis quelques mois: stigmatiser la communauté Bamiléké dont il est pourtant issu.

Le ministre délégué auprès du ministre de la Justice soutient mordicus qu’«il serait illusoire d’espérer que les Bamiléké vont arrêter de contester la succession du Président Paul Biya tant que le successeur ne sortira pas de leur lit successoral tribal».

En règle générale, dit-il, «le peuple Bamiléké adopte pour régime matrimonial la polygamie. Dans chaque polygamie il y a plusieurs lits et les disputent ou combats de lits sont souvent un exercice fréquent. Mais plus important, le combat pour la conquête du Trône du chef de famille est un exercice en partage dans toutes les polygamies».

Après avoir cité quelques figures (Ernest Ouandié, Félix Moumié) de la contestation dans les années d’indépendance, le président du PADDEC écrit que «leurs enfants et leurs laudateurs comme Jean Bruno Jean-Bruno Tagne ou Maurice Djiongo et bien d’autres inondent la toile aujourd’hui de leur venin tribal ou utilisent les véhicules de la haine comme Equinoxe, Le Jour, ou Ouest Littoral».

En définitive, Me Momo indique que «les Bamiléké sont dans leur exercice favori de la contestation du Trône successoral et il ne faut pas s’en offusquer outre mesure. Il faut juste prendre des mesures pour éviter les débordements».

Voici l’intégralité du texte:

Les Bamilékés et la culture de la contestation du trône.

Essai de compréhension d’un phénomène qui s’enracine depuis l’accession de notre pays à l’indépendance et qui a fait dire au colonel Jean Lamberton que le Cameroun accède à L’Indépendance avec un caillou dans sa chaussure.

Force est de constater que la lutte de l’indépendance de notre pays a été menée violemment par certains Bassa’a et surtout par certains Bamiléké regroupés au sein de l’UPC. (Il ne faut pas généraliser car ces deux tribus étaient aussi présentes dans le camp du pouvoir en face). On peut se demander s’ils utilisaient l’UPC comme la BAS majoritairement tribale utilise le MRC aujourd’hui après que les “anglobami” Grasfield aient utilisé le SDF en 1990.

Toujours est-il qu’après l’accession de notre pays à l’indépendance, ceux qui, comme les Ambazoniens aujourd’hui, avaient pris les armes pour lutter contre le colon ont continué la lutte armée contre le nouveau pouvoir du Président Ahmadou Ahidjo. Comme les combattants Upecistes armés étaient majoritairement Bamiléké, Lamberton a écrit ce que dessus. Certains hommes d’église étaient impliqués, Mgr Ndongmo par exemple. Aujourd’hui c’est Lado Ludovic SJ qui est aussi actif dans la contestation.

La contestation des maquisards dont certains étaient des bamilékés, pas tous mais certains, a été vaincue après dix ans de combats acharnés dans les maquis jusqu’à l’arrestation en 1970 du dernier chef maquisard comme on le nommait à l’époque: Ernest Ouandie.

Les ex-combattants sont sortis du maquis et se sont fondus dans la population où ils ont continué à répandre leur idéologie contestataire. Leurs enfants et leurs laudateurs comme Jean Bruno Jean-Bruno Tagne ou Maurice Djiongo et bien d’autres inondent la toile aujourd’hui de leur venin tribal ou utilisent les véhicules de la haine comme Equinoxe, Le Jour, ou Ouest Littoral du contestataire compulsif Benjamin truc.

Au regard des contestations post électorales qui ont conduit les partisans de Maurice Kamto en détention provisoire, l’on a pu noter que les foyers de la contestation se trouvent dans les groupes ethniques Bamiléké comme le président du MRC. On pourrait dire que l’histoire bégaie au regard de la reconfiguration tribale de la crise de 1960 par les mêmes acteurs.

Hier on avait Le Dr Felix Moumié qui était leur plus grand intellectuel et président du mouvement contestataire jusqu’à sa mort. Ouandie et les autres n’étant que des instituteurs ou Maîtres d’écoles primaires. Hier ils chantaient que c’est Moumié leur président et que si ce n’est pas lui alors on jette l’indépendance à la mer.

Aujourd’hui ils semblent avoir retrouvé un autre intellectuel pour porter leur revendication du trône Présidentiel. Ils disent que c’est Kamto leur président élu. Et saccagent nos ambassades pour y placer ses effigies. Même certains Avocats, tous curieusement d’origine Bamiléké, semblent avoir créé une section MRC au Barreau du Cameroun et posent fièrement en Toges auprès de leur client dans sa résidence en violation de toutes les règles déontologiques.

Une explication à toute cette agitation contestataire peut être trouvée dans les us et habitus de ce peuple.

En règle générale le peuple Bamiléké adopte pour régime matrimonial la polygamie. Dans chaque polygamie il y a plusieurs lits et les disputent ou combats de lits sont souvent un exercice fréquent. Mais plus important le combat pour la conquête du Trône du chef de famille est un exercice en partage dans toutes les polygamies. On peut même dire qu’ils ont tétés le virus de la contestation du Trône dans le sein maternel. Ainsi les ressortissants de chaque lit convoitent la succession du père. Et très souvent lorsque le successeur n’est pas celui qu’ils espéraient voir sortir de leur lit, ils le combattent toujours.

Aucun successeur n’est accepté à 100%. Les guerres de succession se poursuivent aujourd’hui devant les tribunaux. Mais en règle générale les autres lits combattent toujours le Lit du Successeur testamentaire. C’est pourquoi il serait illusoire d’espérer que les Bamiléké vont arrêter de contester la succession du Président Paul Biya tant que le successeur ne sortira pas de leur lit successoral tribal.

Cette théorie mérite d’être bien comprise car même si le prochain Président de la République est un natif de l’Est ou du Sud-Ouest, ils trouveront toujours le moyen de le contester tant qu’il ne sera pas de l’Ouest.

Mais le plus grave sera quand le Président sera un ressortissant de l’Ouest. Dans ce cas de figure, la lutte sera cruellement fraternelle et au couteau car le couteau de la maison est très tranchant. Vous n’avez qu’à voir combien ils l’aiguisent sur moi. Y compris et surtout mes amis d’enfance. Oui, si le Président est de Dschang tous les autres Bamiléké vont se liguer contre lui et trouvant que c’est un Dschang Kuna etc. Idem s’il est Mbouda! Les “avocats” l’eau-l’eau vont être mangé à toutes les sauces. Etc.

Moralité, les Bamiléké sont dans leur exercice favori de la contestation du Trône successoral et il ne faut pas s’en offusquer outre mesure. Il faut juste prendre des mesures pour éviter les débordements.

Jean De Dieu Momo

Source: Cameroon-info.net