Suspension du FSNC : la stratégie électorale du pouvoir décryptée par Valère Bessala

Bessala Bertrand Valere Image illustrative

Sun, 1 Nov 2026 Source: www.camerounweb.com

Invité de l'émission Le Grand Oral sur Actualité 1, le président du parti Jouvance, Valère Bessala, a livré une analyse géopolitique et électorale de la suspension du Front pour le Salut National du Cameroun (FSNC). Selon lui, la décision du ministère de l'Administration territoriale vise à garantir au parti au pouvoir le contrôle de cinq régions stratégiques en vue des élections législatives et municipales de 2027.

C'est une lecture qui tranche avec les débats juridiques. Pour Valère Bessala, la suspension du FSNC n'est pas une simple mesure administrative : c'est un calcul électoral savamment orchestré.

Le Septentrion, cible principale

« Les gens qui nous gouvernent savent pertinemment que la couverture du FSNC a d'abord un fondement : c'est le Septentrion », a-t-il déclaré d'emblée. Selon lui, la présidentielle a permis au FSNC, grâce au retrait brutal d'un candidat très connu, de s'étendre au-delà de son fief du Nord et de bénéficier du travail de terrain mené pendant cinq à six ans.

« Le FSNC va aux élections législatives et municipales. C'est le Septentrion qui est couvert », a-t-il insisté. Pour lui, la suspension prive donc le parti d'Issa Tchiroma de sa base électorale naturelle, l'une des plus importantes du pays.

Une alliance avec les régions anglophones ?

Mais l'analyse de Bessala va plus loin. Selon lui, en éliminant le FSNC, le parti au pouvoir s'assure le contrôle de trois régions supplémentaires. « Ils sont en train de s'associer à trois autres régions avec l'élimination du FSNC », a-t-il affirmé.

Il fait référence aux régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, où l'insécurité empêche toute concurrence électorale loyale. « Ce sont deux régions constituant des viviers électoraux où, en raison de l'insécurité, un seul acteur peut fabriquer des résultats », a-t-il expliqué.

La fabrication de micro-partis en 24 heures

Valère Bessala pointe également une autre manœuvre : la création accélérée de micro-partis, issus de dissidents du FSNC. « Je n'ai jamais vu ça dans ce pays ! C'est-à-dire qu'on crée un parti en 24 heures. C'était des dissidents du FSNC. On a créé des partis en 24 heures pour des procédures qui prennent normalement 90 jours. »

Selon lui, ces partis de circonstance serviront à diviser l'électorat du FSNC et à garantir au pouvoir en place le contrôle de cinq régions stratégiques : le Septentrion, le Nord-Ouest, le Sud-Ouest, et les deux autres régions où ces micro-partis sont implantés.

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