Tension Onana- Milla: de nouvelles révélations

Etoeo Et Milla Image illustrative

Mon, 23 Mar 2026 Source: www.camerounweb.com

L'incident entre André Onana et Roger Milla au stade militaire de Yaoundé ce dimanche 22 mars a déclenché, comme prévisible, la colère des partisans de Samuel Eto'o à la FECAFOOT — que l'auteur de cette tribune surnomme avec ironie « les Églisiens ». Mais avant de s'indigner, cette plume invite à un exercice de mémoire collective : lors du tirage au sort de la CAN 2025 au Maroc, Samuel Eto'o avait lui-même salué « toutes les légendes africaines… sauf Gérémie Njitap » — une scène « répétée avec une précision chirurgicale dans le vol retour ». À l'époque, les mêmes voix qui crient aujourd'hui au scandale applaudissaient le « caractère » et la « fermeté » du président de la FECAFOOT. L'auteur pose la question qui fâche : « Pourquoi la liberté de choisir qui l'on salue serait-elle un privilège présidentiel, mais un crime de lèse-majesté pour un joueur ? » Sa conclusion est tranchante — ce qui est un péché capital pour Onana ne peut pas être une grâce présidentielle pour Eto'o, et tant que l'indignation dans le football camerounais restera sélective, « le respect lui-même finira par être enterré ».



Salut interdit ou mépris sélectif : Le bal des hypocrites.

Le football camerounais, c’est désormais un feuilleton quotidien où chaque poignée de main — ou son absence — devient une affaire d’État.

Le dernier épisode en date est né de la présence d’André Onana le dimanche 22 mars 2026 au stade militaire à l’occasion de la 11ème journée de MTN Elite One. Devrions-nous parler d’une affaire André Onana vs Roger Milla ou d’une simple indignation à géométrie variable des « Églisiens » ?

Mon commentaire d’actualité…

Le gardien des Lions Indomptables aurait, selon les fidèles de « l’Église de Tsinga », ostensiblement ignoré le Vieux Lion, Son Excellence Roger Milla, tout en saluant ses voisins immédiats.

Le sang des partisans de Samuel Eto’o n’a fait qu’un tour. On crie au sacrilège, on invoque le respect dû aux aînés, on fustige l’arrogance d’un gardien qui oublierait d’où il vient. Pourtant, cette indignation morale laisse un arrière-goût d’amnésie collective.

Le « un poids, deux mesures »

Comment ne pas mettre ce grief en miroir avec certains épisodes impliquant le « Pasteur » de cette même Église ? Au Maroc, lors du tirage au sort de la CAN 2025, Samuel Eto’o a offert un spectacle de mépris calculé en saluant toutes les légendes africaines… sauf Gérémie Njitap. Une scène répétée avec une précision chirurgicale dans le vol retour : saluer tout l’avion, sauf l’ancien coéquipier.

À l’époque, les mêmes qui s’offusquent aujourd’hui pour S.E Roger Milla applaudissaient le « caractère » et la « fermeté » du président de la Fecafoot. On justifiait l’acte par des rancunes personnelles ou des trahisons supposées. Pourquoi la liberté de choisir qui l’on salue serait-elle un privilège présidentiel, mais un crime de lèse-majesté pour un joueur ?

Mémoire sélective ou mauvaise foi ?

Entre l’attitude d’Eto’o envers Njitap et celle d’Onana envers Milla, la différence ne réside pas dans l’acte, mais dans l’identité de celui qui le commet. En érigeant le refus de saluer en acte de bravoure pour l’un et en preuve d’indécence pour l’autre, les partisans de Tsinga tombent dans une mauvaise foi flagrante.

Ce qui est un péché capital pour le gardien de Trabzonspor devient étrangement une grâce présidentielle lorsqu’il s’agit du patron de la Fecafoot.

Le respect des icônes ne peut être un menu à la carte. Si l’on exige d’Onana qu’il s’incline devant la légende Milla au nom de l’éthique sportive, on ne peut valider que le président de la Fédération humilie publiquement Gérémie NJITAP, lui également légende vivante du football camerounais, double champion d’Afrique et double vainqueur de la l’UEFA Champions League.

En fin de compte, cette polémique révèle le mal profond de notre football : une passion qui a déserté le terrain pour se loger dans le culte de la personnalité. Samuel Eto’o n’a pas plus le « droit » de snober Njitap qu’Onana n’aurait celui d’ignorer Milla. Mais tant que l’indignation sera sélective, le débat restera stérile. À force de vouloir sanctifier les uns et diaboliser les autres, n’est-ce pas le respect lui-même que l’on finit par enterrer ?

Source: www.camerounweb.com