Tension et humiliation: la FECAFOOT sort du silence et tape du poing sur la table

Eto'o Fils Patron Fecafoot Samuel Eto'o

Fri, 27 Feb 2026 Source: www.camerounweb.com

Au lendemain du chaos du Stade Militaire de Yaoundé, la Fédération Camerounaise de Football a publié son communiqué officiel. Sans prendre parti, sans condamner, sans absoudre — mais en actionnant la mécanique disciplinaire avec une clarté sans équivoque.

La FECAFOOT a brisé le silence. Par le biais du Communiqué de Presse N°012/2026/FECAFOOT/PDT/SG, signé de la main du Secrétaire Général Mandong Isaac Noé et daté du 26 février 2026, la Fédération Camerounaise de Football a livré sa version officielle des événements et précisé la suite qu'elle entend donner à l'incident du Trophée des Champions Edition 2025.

Le communiqué fédéral confirme sans ambages ce que le public sportif camerounais avait déjà appris avec stupeur : la rencontre opposant la Colombe Sportive du Dja et Lobo à la Panthère Sportive du Ndé au Stade Militaire de Yaoundé "n'a pas pu aller à son terme." La raison officielle est consignée noir sur blanc — l'équipe de la Colombe "a refusé de poursuivre la rencontre et décidé de quitter l'aire de jeu, à la suite d'une décision arbitrale accordant un penalty à la Panthère Sportive du Ndé."

Mais le fait le plus lourd de conséquences que révèle ce communiqué, c'est celui-ci : malgré les injonctions répétées du trio arbitral d'avoir à reprendre la partie, conformément aux dispositions des Lois du Jeu, le Champion du Cameroun 2025 — la Colombe — n'est pas revenu sur sa décision. Après l'expiration du délai réglementaire, l'arbitre central a logiquement mis fin à la rencontre. Ce point est, selon la FECAFOOT, "établi de façon unanime" dans les rapports officiels du trio arbitral et du Commissaire du match.

La fédération ne tranche pas elle-même. Elle s'en remet à ses propres règlements. Conformément aux dispositions de ses Règlements généraux et de son Code disciplinaire, l'ensemble du dossier constitué — feuille de match, rapports officiels du trio arbitral, rapports du Commissaire de match et "autres éléments probants complémentaires" — a été transmis aux Commissions juridictionnelles compétentes pour suite à donner.

Trois questions sont désormais entre leurs mains exclusives : l'homologation ou non du match, l'attribution éventuelle du trophée, et la prise de sanctions disciplinaires. Sur ces trois points, la FECAFOOT est explicite : elle ne se substituera pas aux instances juridictionnelles. Un positionnement qui, dans le contexte actuel de défiance vis-à-vis de la gouvernance fédérale, peut être lu comme une volonté de transparence procédurale — ou comme un moyen habile de ne pas s'exposer directement.

Le ton du communiqué est mesuré, mais un passage mérite attention. La FECAFOOT "rappelle fermement que l'appréciation technique des faits de jeu relève exclusivement de l'autorité de l'arbitre et que toute contestation d'une décision arbitrale doit s'exercer dans le cadre des voies réglementaires prévues à cet effet." Un message direct à la Colombe, qui avait choisi la contestation physique — le retrait du terrain — plutôt que le recours institutionnel.

Ce rappel est aussi une mise en garde pour l'ensemble des clubs camerounais : quelles que soient les circonstances, quelles que soient les décisions arbitrales jugées iniques, le règlement du football ne reconnaît qu'une seule voie de recours — celle des textes, pas celle de l'abandon.

Dans l'attente des décisions officielles, la FECAFOOT invite "les acteurs du football et les supporters des deux équipes à demeurer calmes et sereins." Un appel à l'apaisement qui sonnera différemment selon les camps : comme une sage prudence pour les uns, comme une formule creuse pour les autres — ceux qui attendent depuis trop longtemps que les institutions du football camerounais prouvent leur capacité à rendre une justice réelle, impartiale et rapide.

Les commissions juridictionnelles ont désormais le dossier. Leurs décisions, très attendues, diront si le football camerounais est capable de se regarder en face et de traiter les crises à la hauteur des enjeux qu'elles soulèvent.

Source: www.camerounweb.com