URGENT : Arrestation de l’assass!n de Mballa Tsama Marie-Louise

Marie Louise Mballa Ok Elle a été tuée 6 janvier 2026 à son domicile situé au lieu-dit « Entrée Complexe BEAC » à Yaoundé

Sun, 24 May 2026 Source: www.camerounweb.com

L’information figure dans une correspondance adressée par le Délégué général à la sûreté nationale, Martin Mbarga Nguele, à un commissaire principal de police en service à la Division régionale de la police judiciaire du Centre.

Dans ce courrier, il est indiqué que les forces de sécurité ont réussi à interpeller l’auteur présumé de l’assassinat de Marie-Louise Mballa Tsama Demontreuil, survenu le 6 janvier 2026 à son domicile situé au lieu-dit « Entrée Complexe BEAC » à Yaoundé.

Le principal suspect, identifié comme Mamadou Bada, faisait l’objet de recherches depuis le meurtre de la Franco-camerounaise.

À cette occasion, le patron de la police nationale a adressé ses félicitations au Commissaire principal Ndongo Epok Charles Gaston ainsi qu’à son équipe pour leur professionnalisme et leur efficacité dans la conduite de l’enquête.

Dans sa correspondance, Martin Mbarga Nguele les encourage également à poursuivre leurs efforts afin de contribuer au renforcement de l’efficacité des services de sécurité et à l’image de marque de la Sûreté nationale.

Il faut rappeler que dès le 12 janvier 2026, Vincent Sosthène Fouda a pris la parole publiquement pour lier ce crime à la figure du sénateur Sylvestre Ngouchinghe, promoteur de Congelcam et personnalité de premier plan de la communauté bamiléké. Le lien invoqué : Ngouchinghe aurait racheté un terrain au coeur d'un conflit foncier familial impliquant la victime. Sur cette base, VSF a réclamé pendant des mois la levée de l'immunité parlementaire du sénateur, saisi le Procureur Général de la Cour Suprême, écrit au Président de la République, et produit une série de textes publics articulant cette affaire autour d'un discours ethno-cosmologique sur la société ekang et la protection des nièces en terre maternelle.

Les réseaux sociaux ont fait le reste. Sur TikTok et Facebook, des panels entiers ont relayé et amplifié ce cadrage, appelant à la mobilisation contre les bamiléké, accusés collectivement de venir « tuer et spolier » en pays beti. La machine à haine tribale tournait à plein régime.

Ce que l'enquête policière a établi

La lettre du 22 mai 2026 confirme ce que plusieurs observateurs avaient pointé depuis le début : le crime est d'ordre crapuleux, intrafamilial, lié à un conflit sur un patrimoine estimé à 600 millions de FCFA. L'auteur a été interpellé. Les éléments de l'enquête désignent un complot issu de l'entourage proche de la victime, non un réseau extérieur à sa communauté.

Ngouchinghe n'est pas l'auteur. Il n'est pas le commanditaire. Il a acheté un terrain dans un contexte litigieux, ce qui peut, le cas échéant, appeler un examen juridique sur la régularité de cette transaction. Mais entre une irrégularité foncière potentielle et un assassinat commandité, il y a un gouffre. Ce gouffre, la campagne de VSF a choisi de l'ignorer.

La mécanique de l'incitation

Ce dossier illustre un mécanisme connu et dangereux. Un fait divers réel, un drame humain authentique, une victime dont la mémoire mérite effectivement respect et justice : ces éléments constituent un socle légitime de mobilisation. Mais lorsque ce socle est utilisé pour désigner un coupable communautaire avant que l'enquête n'ait parlé, lorsque la rhétorique identitaire remplace l'examen des faits, on n'est plus dans la défense des victimes. On est dans la fabrication d'un bouc émissaire.

VSF est un intellectuel formé, capable de construire un argument. Ses textes sur l'affaire Mballa Tsama ne sont pas des dérapages impulsifs. Ils sont structurés, documentés, rédigés avec soin. Ce qui les rend d'autant plus problématiques : la sophistication rhétorique au service d'une accusation non établie, diffusée à grande échelle, dans un contexte de tensions intercommunautaires déjà vives.

Nommer un homme d'affaires bamiléké comme pivot d'un assassinat commis en zone beti, pendant des mois, devant des centaines de milliers de personnes, sans que les éléments de l'enquête ne valident cette désignation : cela ne relève pas de la liberté d'expression. Cela relève de l'incitation, même habillée en latin.

Ce que cela révèle

Deux constats s'imposent :

Le premier est institutionnel. La police judiciaire camerounaise, travaillant dans le calme et loin du bruit médiatique, a identifié et interpellé l'auteur du crime en moins de cinq mois. Les félicitations officielles adressées au commissaire Ndongo Epok témoignent d'un travail sérieux. Cela mérite d'être dit, parce qu'il est trop fréquent de ne souligner que les défaillances de l'appareil d'État.

Le second est politique. L'affaire Mballa Tsama a été transformée, par une partie de la classe médiatique et militante, en instrument de mobilisation tribale. Ce détournement a eu des conséquences réelles : des familles bamilékées vivant à Yaoundé ont vécu des semaines sous la pression d'une stigmatisation collective. Des panels TikTok ont relayé des appels à la mobilisation contre une communauté entière pour un crime qui n'impliquait pas cette communauté.

Aujourd'hui que le coupable est sous les verrous, que le document officiel de la Sûreté Nationale confirme la réalité des faits, la question se pose sans détour : qui rendra compte de ces mois d'incitation ?

La mémoire de Marie Louise Mballa Tsama méritait la vérité. Elle l'a finalement obtenue, grâce au travail patient de la police judiciaire. Elle ne méritait pas d'être instrumentalisée pour alimenter une guerre ethnique qui n'existait pas dans les faits du dossier.

Un crime n'a pas de tribu. Il a un coupable. Et la justice, quand elle est laissée à son travail, finit par le trouver.

John Lawson

Source: www.camerounweb.com