La prison centrale de Kondengui, à Yaoundé, serait confrontée à une nouvelle dégradation de ses conditions de détention. Selon des témoignages de détenus, plus de 200 personnes seraient entassées dans une cellule de passage, et certains prisonniers devraient verser 5 000 FCFA pour en sortir. La ration quotidienne se limiterait à des haricots bouillis et du maïs parfois insuffisamment cuit. Des accusations qui interviennent dans un établissement construit pour environ 1 500 personnes, mais qui en accueillait près de six fois plus en octobre 2024.
C'est une alerte qui vient s'ajouter à une longue série de dénonciations sur les conditions de détention au Cameroun. Selon des informations recueillies auprès de détenus de la prison centrale de Kondengui, à Yaoundé, l'établissement connaîtrait une nouvelle dégradation de ses conditions de vie.
Le premier grief concerne la promiscuité. Plus de 200 personnes seraient entassées dans une cellule de passage, dans des conditions qui rendent toute intimité impossible et qui favorisent la propagation de maladies. Pire, selon les témoignages, certains prisonniers devraient verser une somme de 5 000 FCFA pour pouvoir sortir de cette cellule. Une pratique qui, si elle était confirmée, constituerait une extorsion pure et simple.
Les détenus dénoncent également la qualité et la quantité de la nourriture. La ration quotidienne se limiterait à des haricots bouillis et à du maïs parfois insuffisamment cuit. Une alimentation qui ne couvre pas les besoins nutritionnels de base et qui aggrave l'état de santé des plus fragiles.
Autre sujet d'inquiétude : les détenus malades partageraient les mêmes espaces que les personnes en bonne santé. Une situation qui fait craindre des risques sanitaires majeurs, notamment en cas d'épidémie. Les détenus dénoncent enfin un traitement inégal entre les prisonniers disposant de moyens ou de relations et les plus pauvres, ces derniers étant les plus exposés aux privations.
Ces accusations surviennent dans un contexte de surpopulation chronique. Construite pour environ 1 500 personnes, la prison centrale de Kondengui en accueillait près de six fois plus en octobre 2024, selon des chiffres attribués au ministère de la Justice. Une situation qui perdure depuis des années, malgré les appels répétés des organisations de défense des droits humains.