USURPATION DES UNIFORMES MILITAIRES : La mise en garde du Minat

Paramilitaire Defenseuse Image illustrative

Mon, 20 Jul 2026 Source: L’Indépendant N°1046

Le ministre de l'Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a interdit les associations civiles qui jouent aux soldats. Il rappelle que l'uniforme et l'autorité restent l'apanage exclusif de l'État.

C'est à travers un communiqué officiel et un arrêté d'interdiction du 16 juillet 2026 que le ministre de l'Administration territoriale (Minat), Paul Atanga Nji, a lancé une offensive d'envergure contre les organisations civiles qui arborent illégalement des uniformes, des insignes et des grades calqués sur ceux des forces de défense, de sécurité ou des Nations Unies. Jugée d'une gravité indéniable pour la sécurité nationale, cette confusion vestimentaire et institutionnelle fait désormais l'objet d'une tolérance zéro.

La première structure formellement épinglée par le Minat est la « Chaplain Ambassadors Peace Mission » (CAPM). Bien qu'elle se présente publiquement comme une mission pacifique, ses membres ont été pris en flagrant délit de dérapage identitaire. Paul Atanga Nji y a constaté l'utilisation systématique d'uniformes et d'attributs créant une « confusion institutionnelle » majeure avec les corps d'élite et les agences de l'ONU. Sans avertir, M. Atanga Nji a immédiatement demandé la cessation totale du port de ces tenues sous peine de dissolution instantanée et de poursuites pénales directes contre les dirigeants.

Plus spectaculaire encore, le membre du gouvernement a signé un arrêté interdisant définitivement l'association dénommée « Nations Unies des Droits de l'Homme / Police d'Intervention Générale ». Menée par un certain Honoré Mehouné Nikono, qui s'attribuait les titres ronflants de « Vice Haut-Commissaire Général, Officier Général des Droits de l'Homme, Ambassadeur pour la Paix » et même de « Grand Maître de l'Ordre », cette organisation a vu ses activités totalement interdites sur l'ensemble du territoire national. Intransigeant, le patron du Minat a ordonné le retrait immédiat de son récépissé de déclaration. La charte visuelle, les acronymes trompeurs et les grades fantaisistes utilisaient illégitimement les codes des partenaires internationaux et des institutions républicaines pour tromper la vigilance des populations. Dans la foulée, les gouverneurs, préfets et sous-préfets ont reçu l'ordre strict de faire cesser immédiatement leurs activités sur le terrain.

Le non-moins secrétaire permanent du Conseil national de sécurité a profité de ce rappel à l'ordre pour instruire fermement les préfets des 58 départements du Cameroun. Pour le Minat, il faut désormais une vigilance accrue lors de la délivrance des récépissés de déclaration d'associations. Tout dossier dont la dénomination ou les objectifs s'apparentent de près ou de loin à des institutions étatiques ou internationales devra faire l'objet d'un rejet systématique.

Au ministère de l'Administration territoriale, l'on renseigne que cette reprise en main s'inscrit dans un cadre plus large de préservation des symboles réguliers de la puissance publique. Elle fait suite à d'autres interventions marquantes du Minat, notamment ses récents rappels à l'ordre fermes à l'encontre des Témoins de Jéhovah concernant le respect absolu de l'hymne national et l'adhésion obligatoire aux campagnes de vaccination de l'État. Tout compte fait, dans un cas comme dans d'autres, les mesures gouvernementales visent sans doute à préserver l'autorité de l'État, éviter toute confusion institutionnelle et renforcer le respect des symboles de la République.

Arsène Ndzana

Source: L’Indépendant N°1046