Un incident risque d’éclater entre le Cameroun et le Nigeria, les accusations sont graves

Paul Biya Et Mvondo Ayolo Incident diplomatique

Mon, 24 Mar 2025 Source: www.camerounweb.com

À en croire le lanceur d’alerte Boris Bertolt, un incident diplomatique serait en vue. Le Nigeria accuse le Cameroun d’avoir conquis des territoires nigérians et d’exploiter clandestinement des puits de pétrole et de gaz nigérian.

C’est un dossier qui pourrait déclencher de nouvelles tensions diplomatiques et sécuritaires entre le Cameroun et le Nigeria. Le Sénat du Nigéria a constitué mardi une commission ad hoc chargée d'enquêter sur l'annexion illégale de certaines parties du territoire nigérian par le gouvernement camerounais, notamment des îles de mangrove d'Efiat-Mbo, dans le sud-sud du Nigéria.

La résolution de la séance plénière fait suite à une motion présentée par le sénateur Aniekan Bassey, représentant le district sénatorial d'Akwa Ibom Nord-Est, et coparrainée par cinq autres, dans laquelle les législateurs exprimaient leur inquiétude face aux attaques brutales contre les Nigérians vivant dans les zones concernées.

La motion, présentée en vertu des articles 41 et 51 du Règlement intérieur du Sénat de 2023 (tel que modifié), attirait l'attention de la chambre haute sur l'annexion illégale des îles de mangrove nigérianes situées à Efiat, dans la zone de gouvernement local de Mbo, dans l'État d'Akwa Ibom, par la République du Cameroun.

Ils ont exprimé leur inquiétude quant au fait que les îles concernées n'aient pas été cédées au gouvernement camerounais conformément aux traités anglo-allemands de 1913 ni à l'arrêt de la Cour internationale de justice d'octobre 2002, soulignant que l'empiétement de la République du Cameroun a entraîné des pertes économiques pour le Nigéria. La motion a révélé que plus de 2 560 puits de pétrole et revenus gaziers, qui devraient revenir au Nigéria, étaient exploités illégalement par la République du Cameroun, déplorant que les gendarmes camerounais imposent des lois étrangères aux citoyens nigérians vivant dans le corridor.

La motion stipulait : « Ces îles et ces eaux sont importantes économiquement pour la région, car elles abritent des routes de pêche, et environ 2 560 puits de pétrole et réserves de gaz s'y trouvent. » Les auteurs de la motion ont déclaré qu'il ne faisait aucun doute que 16 villages des îles de mangrove étaient inscrits dans la Constitution de la République fédérale du Nigéria, mais que la République du Cameroun, par sa politique étrangère expansionniste, cherchait à s'approprier ces 16 villages, leurs eaux et leurs ressources pétrolières, ce qui constitue une violation du droit international.

Le sénateur Abdul Ningi, représentant le district de Bauchi, a déploré cette évolution, en particulier l'arrêt de la Cour internationale de Justice, et a exhorté le gouvernement nigérian à saisir l'occasion pour sécuriser « 16 villages des îles de mangrove, gravement menacés, et leurs ressources économiques ».

Les autres sénateurs qui ont pris la parole sur la motion ont unanimement appelé le gouvernement nigérian à agir de toute urgence. Dans son intervention, le président du Sénat, Godswill Obot Akpabio, après avoir remercié les auteurs de la motion, a souligné que les îles de mangrove et leurs puits de pétrole ne profitaient pas seulement à des États individuels, mais aussi à l'économie du pays. Après l’adoption de la motion, il a constitué un comité d’enquête chargé de prendre des mesures immédiates et de faire rapport en session plénière.

Des discussions sur le terrain diplomatique vont inéluctablement s’ouvrir de nouveau entre Yaoundé et Abuja.

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