Un problème dans un canton du pays dépasse la première guerre mondiale

La Peur Plane Toujours A Bamenda Une autorité contestée

Tue, 11 Aug 2026 Source: www.camerounweb.com

Dans le canton Bonambela, une situation inquiète. Le « sacre royal » du Dr Louis Din Dika est au cœur d'une tempête contestataire, comme l'explique Boris Bertolt dans sa sortie.

À l'approche de la date du 10 octobre 2026, annoncée pour le « sacre royal » du Dr Louis Din Dika dans le canton Bonambela, la tension monte d'un cran. Entre rejets coutumiers, litiges fonciers et batailles judiciaires devant les juridictions administratives, les notables et familles régnantes du canton Akwa se mobilisent massivement pour dénoncer ce qu'ils qualifient de « sacre de la honte ».

Au centre du conflit se trouve la localité de Mbanya. Selon ses notables, Mbanya n'a jamais été un simple bloc dépendant du village Bonamuang, mais constitue un village à part entière. Il s'appuie sur deux actes fondateurs majeurs. Premièrement, l'acte administratif : créé par l'arrêté N°922/AP/SAAP du 3 septembre 2020, signé par Benjamin Mboutou, alors préfet du Wouri. Deuxièmement, la reconnaissance coutumière : formellement reconnu par le défunt chef supérieur, Sa Majesté Louis Charles Din Dika Akwa III.

Sur le plan judiciaire, alors que le tribunal administratif du Littoral a émis un jugement sollicitant l'annulation de l'arrêté de création, la chefferie Mbanya a interjeté appel. Pour les représentants locaux, programmer une intronisation à Mbanya relève d'une politique du « fait accompli » visant à s'approprier le titre et la qualité de chef supérieur du canton Akwa. En conséquence, le Dr Louis Din Dika y a été officiellement déclaré persona non grata.

Sur le plan de la dévolution du pouvoir traditionnel, la dissidence met en avant des chiffres et des faits institutionnels majeurs : désaveu de la famille régnante. 5 foyers sur 7 de la famille régnante Bonadika, ainsi que 9 notables sur 11 du village royal, ont porté leur choix sur un autre candidat : le prince Jean Pascal Ngando Ebongue Akwa.

Irrégularités administratives dénoncées : l'arrêté du Premier ministre désignant le Dr Louis Din Dika est vivement contesté : il est qualifié de « flou », non régulièrement publié (et donc non opposable) et se baserait sur un procès-verbal de la notabilité compétente jugé inexistant.

Absence de dossier et d'homologation : selon les opposants, aucun dossier officiel de succession n'existe pour le Dr Louis Din Dika à la préfecture du Wouri ou au ministère de l'Administration territoriale (Minat). De plus, il ne disposerait d'aucune lettre d'homologation à ce jour.

Procédures en cours : Un recours gracieux en contestation a été introduit auprès du Premier ministre et plusieurs autres actions juridiques sont actuellement pendantes devant les tribunaux. La note d'information des notables rappelle fermement deux points de droit coutumier : le Dr Louis Din Dika n'est ni le chef du village royal Boneleke, ni le chef supérieur du canton Akwa.

À travers un appel solennel adressé au « peuple de Bonambela », la notabilité invite les citoyens à ne pas se laisser tromper, rappelant avec véhémence que « ce n'est pas par la ruse et le faux qu'on devient chef supérieur ».

Alors que l'échéance du 10 octobre approche, le canton Bonambela s'inscrit dans une phase décisive de son histoire institutionnelle, sous le mot d'ordre : « Pour la vérité, la justice et la dignité : non à l'injustice, oui à la tradition ».


Lorsqu'on interroge les habitants de la zone, ils reconnaissent unanimement une chose : « Ce problème, qui dure depuis un moment maintenant, dépasse la première guerre mondiale ».

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