Une loi annoncée pourrait davantage compliquer la vie des Camerounais

Eyaounde Paysage L’heure des rentrées

Wed, 16 Sep 2026 Source: Cameroun Horizons n°62

C’est l’heure des grands chamboulements avec son lot de difficultés et d’incertitudes. Premier arrêt, la rentrée scolaire dont les carillons ont retenti le 7 septembre 2026 sur l’ensemble du territoire national dans ce qu’il est convenu d’appeler un éternel recommencement.

Au menu : corruption et affairisme autour des inscriptions, établissements scolaires clandestins, effectifs pléthoriques par-ci, sous-effectif par-là, insuffisance d’enseignants et d’infrastructures adéquates, manque de moyens financiers de nombreux parents pour envoyer leurs enfants à l’école, abandon de postes par des enseignants à la recherche des meilleures conditions de vie, la liste est loin d’être exhaustive.

Toujours est-il que cette rentrée scolaire qui mobilise près de 10 millions d’élèves, sera sui- vie quelques jours plus tard par la rentrée universitaire avec pratiquement les mêmes dysfonctionnements relevés en sus. Après ce coup d’envoi, devrait suivre la rentrée économique et judiciaire. Certes, la rentrée économique ne fait pas l’objet d’une solennité, sauf que c’est un moment déterminant où les entreprises bouclent généralement leur programme et se projettent pour le prochain exercice.

Cette période coïncidant généralement avec la publication par le Gouvernement de la Lettre de cadrage budgétaire alors que se profile à l’horizon, la session parlementaire de novembre consacrée à l’examen et au vote de la Loi de finance. D’après des sources, la Loi de finances 2027 pourrait davantage compliquer la vie des Camerounais au regard des signaux alarmants, essentiellement au rouge. Entretemps, les tribunaux connaîtront un regain d’activité avec la fin des vacances judiciaires et éventuellement la tenue du Conseil supérieur de magistrature (CSM) dans l’espoir que cette justice sera rendue avec célérité, équité et impartialité, tordant le cou aux manœuvres sordides qui impactent négativement la vie sociale et le climat des affaires.

Dans cette grisaille, comment ne pas saluer la brillante victoire de l’équipe nationale féminine, les Lionnes indomptables du Cameroun, sacrées championnes d’Afrique lors de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) en août dernier ? Vivement que cette belle victoire à l’esprit chevaleresque constitue le point de départ d’une sé- rie victorieuse sur la scène continentale et mondiale que les Camerounais attendent et souhaitent de tous leurs vœux. De quoi espérer justement une bonne organisation des championnats nationaux dans toutes les disciplines sportives en vue de préparer les victoires de demain.

Toutefois, ne perdons pas de vue, l’autre rentrée sur laquelle sont rivés les yeux des millions de Camerounais, c’est la rentrée politique. En point de mire, les élections législatives et municipales qui pourraient avoir lieu en janvier 2027. L’importance de ce rendez-vous électoral n’est plus à démontrer en ce sens qu’il pourrait constituer le point de départ d’un changement ou d’une alternance. Si l’opposition remporte les législatives et refuse un deal de dupe avec le pouvoir, le Cameroun basculera automatiquement dans la cohabitation, un tournant politique déterminant pour l’avenir du pays.

Seul bémol, les partis politiques sont atones, l’opposition étant plongée dans un sommeil comateux. Pourtant, on n’attendait d’elle un regain de dynamisme d’autant que le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) a montré des signes d’essoufflement lors de l’élection présidentielle d’octobre 2025, son « candidat naturel » Paul Biya l’ayant remporté avec 53,66 % de suffrages, soit son plus bas score depuis 1992.

Au demeurant, pendant que s’enchaînent ces rentrées aux fortunes diverses, le quotidien des Camerounais reste morose pour l’écrasante majorité de la population du fait d’une inflation galopante. On espère malgré tout qu’au-delà des atermoiements observés lors du quatrième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) couplé au Recensement général de l’agriculture et de l’élevage (RGAE) qui va de prolongation en prolongation, le nombre de la population du Cameroun sera enfin connu dans l’espoir d’une meilleure planification des politiques de développement.

Source: Cameroun Horizons n°62