Le cchroniqueur et figure politique camerounaise Abel Elimbi Lobè a vivement critiqué Cabral Libii, député et président du Parti Camerounais pour la Réconciliation Nationale (PCRN), sur le plateau de l’émission Libre Expression sur Info TV. Selon lui, l’élu n’a aucune légitimité à contester la réforme constitutionnelle introduisant le poste de Vice-Président, puisqu’il a participé au vote et perçu son indemnité de session.
La passe d’armes a été cinglante. Invité de l’émission Libre Expression sur Info TV, Abel Elimbi Lobè n’a pas mâché ses mots à l’encontre de Cabral Libii, député à l’Assemblée nationale et figure de l’opposition. En cause : les critiques formulées par Cabral Libii contre la réforme constitutionnelle d’avril 2026, qui a introduit un poste de Vice-Président de la République.
« Il n’a rien à constater »
« Cabral Libii n’a rien à constater. Il était là pour aider le président à faire la réforme. Il constate quoi ? Il n’a rien à constater », a lancé Abel Elimbi Lobè. Selon lui, l’élu aurait été crédible s’il avait démissionné lorsqu’il a constaté que les institutions dysfonctionnaient. « Il aurait été crédible s’il avait démissionné lorsqu’on a décidé de dysfonctionner les institutions », a-t-il ajouté.
Un rappel de la Constitution
Pour l’ancien militant du SDF, la Constitution est claire. « La Constitution n’a pas changé son article 12 : le premier ministre est le chef du gouvernement et il dirige l’action de celle-ci. Cabral Libii vient de voter une nouvelle Constitution et elle dit toujours ça », a-t-il expliqué. « Moralité, il n’a rien à dire au président. Il y a un premier ministre. J’aurais compris qu’il demande au premier ministre de gouverner autrement », a-t-il poursuivi.
L’argument de l’indemnité de session
Abel Elimbi Lobè a conclu son propos par une pique acerbe : « Ce débat ne sert à rien, surtout quand il vient de quelqu’un qui n’était pas d’accord, qui dit qu’il n’était pas d’accord mais qui était dans la salle et qui a touché l’indemnité de session. »
L’argument est simple : en siégeant et en votant la réforme, puis en percevant son indemnité, Cabral Libii aurait cautionné le processus. Il ne serait donc pas en position de le contester a posteriori.
Un débat qui divise
La sortie d’Abel Elimbi Lobè illustre les tensions qui entourent la mise en place du poste de Vice-Président. Près de six mois après la révision constitutionnelle, le poste reste vacant. Les spéculations vont bon train sur l’identité du futur titulaire, tandis que des voix s’élèvent pour dénoncer une « dérive monarchique » et un contournement du suffrage universel.
Pour Abel Elimbi Lobè, le débat est ailleurs. Il est au niveau du Premier ministre, qui dispose des prérogatives constitutionnelles pour gouverner. « J’aurais compris qu’il demande au premier ministre de gouverner autrement », a-t-il insisté.