Vice-Président: Issa Tchiroma évoqué, le Grand Nord en alerte

Baba Dampoulo Tchiroma Biya Image illustrative

Tue, 14 Apr 2026 Source: www.camerounweb.com

« Le vice-président ne sera pas originaire du Grand Nord. » Dans une tribune sans concession, Guibaï Gatama explique pourquoi sa région d'origine a perdu la bataille de la succession. Son analyse : en se rangeant massivement derrière Issa Tchiroma lors de la dernière présidentielle, le Grand Nord a commis une « erreur stratégique majeure ». « Il a montré ses muscles trop tôt », écrit-il, et le pouvoir a depuis « verrouillé » le jeu. Conclusion : « La succession de Paul Biya se joue désormais sans nous, et devant nous. »



Opinion…. LE VICE PRESIDENT NE SERA PAS ORIGINAIRE DU GRAND NORD PARCE QUE LE GRAND NORD S’EST RANGÉ DERRIÈRE ISSA TCHIROMA … Par GUIBAÏ GATAMA

« Ce matin, autour d’un café dans une station-service où j’ai mes habitudes, mon ami pompiste, originaire de la région de l’Extrême-Nord comme moi, n’a pas pris de détour. Fidèle à lui-même, il est allé droit au but : « Mon grand frère, mon bon grand, selon toi, qui sera le vice-président qui succédera au père Biya le moment venu ? »

Je le regarde un instant, puis je lui livre, sans détour, ma réflexion : « Sur le nom, je ne m’avance pas, même s’il ne sortira pas non plus de Jupiter. Mais sur une chose, je n’ai aucun doute : ce ne sera pas un fils du Grand-Nord. »

Je le vois froncer les sourcils. Je poursuis : « Le Grand-Nord a commis une erreur stratégique majeure. Avec l’épisode Tchiroma, il a montré ses muscles. Il s’est dévoilé trop tôt, quand il fallait simuler, l’heure de vérité approchant. En politique, la force ne vaut que si elle est maîtrisée. Là, elle a été inutilement dilapidée. »

Je marque une légère pause, faut bien que je prenne mon café. Et je poursuis : « Le pouvoir, lui, a parfaitement lu le jeu et a choisi de le verrouiller désormais. Résultat : la principale arme politique du Grand-Nord, sa puissance électorale, a été neutralisée avant même de devenir décisive. »

Le silence s’installe. Je conclus : « Aujourd’hui, et parce que la politique est un métier, certains découvrent, trop tard, que celle-ci n’est pas seulement une démonstration de force, mais un art du timing et du rapport de force. Le résultat de notre erreur d’appréciation, du refus de la politique de la « patience stratégique », est là : la succession de Paul Biya, désormais, se joue sans nous. Et devant nous !»

Mon jeune frère baisse les yeux, puis me remercie pour cet échange.»

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