Vice-Président : Samuel Eto'o nommé

Eto'o Biya CAF Image illustrative

Sun, 3 May 2026 Source: www.camerounweb.com

La proposition a électrisé le plateau de Canal 2 International dans Canal Presse — et elle continuera de faire parler bien au-delà. David Eboutou, journaliste et analyste politique, vient de lancer publiquement le nom de Samuel Eto'o Fils, président de la FECAFOOT, comme candidat idéal au poste de Vice-Président de la République — introduisant dans le débat une notion aussi simple que puissante : la «légitimité des cœurs».

Sa démonstration commence par une distinction conceptuelle qui mérite d'être méditée : «Dans la désignation de ce Vice-Président, il faut prendre en compte ce qu'on peut appeler les légitimités. Aujourd'hui il y a une légitimité politique et des urnes qui est incarnée par le Président de la République. Mais il y a une autre légitimité qui est importante, et on n'en parle pas toujours : c'est la légitimité des cœurs.» Et d'enchaîner avec la question qui résume tout : «Les Camerounais aujourd'hui aiment qui ? Si vous faites un grand vox pop, ils adoubent qui ? Est-ce que vous ne voyez pas un Samuel Eto'o par exemple ?»

Le nom est lâché. Et il ne l'est pas par hasard. Samuel Eto'o — quadruple vainqueur de la Ligue des Champions, double champion d'Afrique, icône absolue du football camerounais et continental — jouit d'une popularité qui transcende les clivages régionaux, générationnels et politiques. C'est l'un des rares Camerounais dont le nom fait l'unanimité dans toutes les régions du pays, dans toutes les diasporas, sur tous les continents. Une popularité organique, construite sur des décennies de performances et de sacrifices pour le maillot national — et non sur des calculs politiciens.

Mais avant de proposer Eto'o, Eboutou prend soin de démonter méthodiquement le dossier Franck Biya — le favori des cercles du palais. Et il le fait avec une franchise qui tranche dans le débat public camerounais, habituellement pudique sur ce sujet : «Je n'ai jamais vu Franck Biya, je ne sais même pas à quoi ressemble la tonalité de sa voix. Les Camerounais veulent au moins quelqu'un qui a fait ses preuves quelque part.»

Sur le titre de «conseiller spécial du président» parfois attribué à Franck Biya, l'analyste est implacable : «J'ai ouï dire que Franck serait le conseiller spécial de son père, je n'ai jamais vu de décret.» Les seules images que les Camerounais auraient de lui ? «Lors des grands moments au Palais de l'Unité, où l'on voit ce monsieur galant, bien vêtu, aller prendre part à ces cérémonies.» Un profil de façade, en d'autres termes — sans bilan, sans mandat, sans voix.

Eboutou va encore plus loin en soulevant la question de l'opportunité politique elle-même pour Paul Biya : «Étant donné qu'il y a une bagarre de factions en ce moment, est-ce le bon moment pour le président lui-même de sacrifier son fils à l'autel de ces batailles ?» Nommer Franck Biya dans ce contexte de guerre des clans, c'est en faire la cible de toutes les hostilités accumulées — l'exposer à une opposition interne dont la virulence pourrait nuire autant au fils qu'au père. «Je pense que le moment n'est pas adéquat», conclut-il sobrement.

Sa recommandation finale est claire : «Si le président tient vraiment à nous laisser un pays debout, il est mieux d'aller dénicher quelqu'un qui est connu des Camerounais et qui aura fait ses preuves quelque part.» Quelqu'un comme Samuel Eto'o — connu de tous, aimé de beaucoup, respecté au-delà des frontières — qui apporterait au nouveau poste une légitimité populaire que nul décret ne peut fabriquer.

La suggestion d'Eboutou sera sans doute balayée par les cercles du pouvoir comme une fantaisie de commentateur télévisuel. Mais elle dit quelque chose d'important sur l'état d'esprit des Camerounais : dans un pays où la politique est perçue comme le territoire réservé des mêmes visages depuis des décennies, l'idée qu'un champion du peuple — quelqu'un qui a gagné sur des terrains que tout le monde peut voir et comprendre — puisse accéder aux plus hautes responsabilités résonne comme un appel au renouveau.

Samuel Eto'o sera-t-il Vice-Président du Cameroun ? La probabilité reste mince. Mais que son nom soit prononcé dans ce débat, à cette heure, par un analyste sérieux sur un plateau national, est déjà en soi un signal que la «légitimité des cœurs» commence à revendiquer sa place dans la politique camerounaise.

Source: www.camerounweb.com