Vice-Président : d'autres indices secrèts sortent

Passation De Service.jpeg Image illustrative

Sun, 20 Sep 2026 Source: www.camerounweb.com

Invité de l'émission Libre Expression sur Info TV, Aimé Cyprien Olinga, figure de l'opposition, a livré une analyse sans détour de la crise institutionnelle que traverse le Cameroun. Selon lui, la création du poste de Vice-Président répond à une situation de blocage que le chef de l'État lui-même a reconnue. Il appelle désormais Paul Biya à nommer le titulaire du poste, à former un gouvernement et à procéder à un toilettage des entreprises publiques.

C'est une prise de position qui tranche avec les critiques habituelles de l'opposition. Invité de l'émission Libre Expression sur Info TV, Aimé Cyprien Olinga a abordé sans détour la question de la vice-présidence, un poste créé par la révision constitutionnelle d'avril 2026 mais toujours vacant.

« On n'aurait pas eu besoin d'un vice-président si nous avions un président jeune »

« On n'aurait pas eu besoin d'un vice-président si nous avions un président jeune, si nous avions un président actif », a-t-il déclaré d'emblée. Une formule qui dit l'essentiel : pour Olinga, la vice-présidence n'est pas une innovation institutionnelle souhaitable en soi, mais une réponse à une situation d'urgence.

« Nous sommes là face à une situation de blocage et il faut bien qu'on en sorte », a-t-il poursuivi. « Et comment on fait ? Le président lui-même a compris qu'il n'avait plus toutes ses capacités physiques, qu'il lui fallait une béquille constitutionnelle. »

Un ralliement pragmatique

Aimé Cyprien Olinga rappelle que son parti, comme le PCRN et d'autres formations politiques, s'était initialement opposé à un vice-président nommé plutôt qu'élu. Mais face à l'inertie ambiante, il a choisi de soutenir la démarche présidentielle.

« Le président a choisi de revenir à un vice-président nommé, nous avons dit : si cela peut permettre de sortir de l'inertie, de sortir de l'immobilisme ambiant, de cette situation de chaos généralisé sur le plan politique économique... pourquoi pas ? »

Un ralliement pragmatique, motivé par l'urgence de débloquer les institutions. Pour Olinga, la question n'est plus de savoir si le poste est légitime ou non, mais de savoir quand il sera pourvu.

« Qu'il nomme le vice-président ! »

Le ton se fait plus pressant lorsque l'opposant s'adresse directement au chef de l'État. « Le président de la République a lui-même choisi une béquille constitutionnelle. Mais qu'il nomme le vice-président ! Qu'il nomme un gouvernement et qu'il fasse également ce toilettage au niveau des sociétés publiques et parapubliques en termes de DG, DGA ! Cela peut remobiliser l'équipe gouvernementale. »

Une interpellation qui résonne comme un ultimatum. Pour Olinga, la vacance prolongée du poste de Vice-Président n'est plus tenable. Elle alimente les spéculations, nourrit l'incertitude et paralyse l'action publique.

Un contexte de paralysie institutionnelle

Cette sortie intervient alors que le Cameroun traverse une période de forte incertitude politique. Le président Paul Biya, âgé de 93 ans, a multiplié les absences prolongées en 2026. La révision constitutionnelle d'avril 2026, qui a introduit le poste de Vice-Président, devait précisément répondre à cette situation en prévoyant un mécanisme de succession automatique.

Mais près de six mois après sa promulgation, le poste reste vacant. Aucune nomination n'a été annoncée. Les spéculations vont bon train sur l'identité du futur titulaire, entre les partisans de Franck Emmanuel Biya, fils aîné du président, et ceux de Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la Présidence.

L'agence de notation S&P a d'ailleurs identifié, le 18 septembre 2026, « l'incertitude entourant la succession au sommet de l'État » comme un risque susceptible d'affecter la stabilité institutionnelle et l'économie du pays.

« Remobiliser l'équipe gouvernementale »

Pour Aimé Cyprien Olinga, la nomination d'un Vice-Président ne suffira pas. Il appelle à un vaste mouvement de renouvellement à la tête des entreprises publiques et parapubliques. « Qu'il fasse également ce toilettage au niveau des sociétés publiques et parapubliques en termes de DG, DGA ! Cela peut remobiliser l'équipe gouvernementale », insiste-t-il.

Une manière de dire que la crise n'est pas seulement institutionnelle, mais aussi managériale. Les entreprises publiques, confrontées à des contentieux internationaux qui se chiffrent en centaines de milliards de FCFA, sont au cœur des préoccupations.

Reste à savoir si l'appel d'Aimé Cyprien Olinga sera entendu. Pour l'heure, le Palais de l'Unité garde le silence sur le calendrier de la nomination. Et l'incertitude, elle, continue de peser sur l'avenir institutionnel du Cameroun.

Source: www.camerounweb.com