Viol et féminicide au Cameroun : le bilan est bouleversant

Femme D'un Mari Violent Viols et féminicides

Mon, 8 Jun 2026 Source: Cameroun Horizons n°59

Depuis quelque temps, la société camerounaise fait l’amère expérience d’une cruauté inqualifiable marquée par des assassinats, viols et autres enlèvements.

Il ne se passe plus un jour sans qu’on entende d’un bout du territoire national, des actes de violence et de cruauté perpétrés à l’encontre des personnes de tout âge et de tous les sexes. Toutefois, la situation est préoccupante en ce qui concerne les femmes et les enfants, généralement victimes d’assassinats, de viols, d’enlèvements et d’autres formes de violence. Malgré des dénonciations des pouvoirs publics, des autorités morales, des organisations non gouvernementales ou des associations de défense des droits humains, le mal persiste, voire grandissant.

Le 1er juin 2026, le Gouvernement camerounais est monté au créneau pour dénoncer un phénomène qui s’installe dans la cité bénéficiant de complicités insoupçonnées. Autour du ministre de la Communication et Porte-parole du Gouvernement René Emmanuel Sadi, les Ministères de la Promotion de la Femme et de la Famille, des Affaires sociales, de la Santé publique, de la Justice, la Délégation générale à la sureté nationale, le Secrétariat d’État à la Défense et d’autres administrations à l’instar du Ministère de l’Éducation de base.

« Depuis quelque temps en effet, notre pays connait une montée vertigineuse des féminicides, des viols, des infanticides et autres abus de toute nature, commis à l’encontre d’enfants généralement en bas âge, dans diverses localités du Cameroun. Ces phénomènes profondément regrettables, et c’est le moins qu’on puisse en dire, choquent autant par les circonstances dans lesquels ils interviennent, que par leur violence et leur cruauté, de même que par les conséquences qu’ils entraînent sur l’équilibre du corps social tout entier. Ces situations méritent qu’on s’y attarde avec insistance, non seulement pour s’en indigner, les dénoncer et les condamner avec la dernière énergie, mais aussi pour en appeler à des actions fortes afin de punir leurs auteurs lorsque les responsabilités de ceux-ci sont clairement établies, avec l’espoir, voire la ferme détermination d’y mettre fin », a insisté le Ministre de la Communication.

Le phénomène est ahurissant et mérite qu’on y accorde tout le séreux nécessaire. S’agissant en premier des cas de féminicides, quelques statistiques permettent de prendre toute la mesure de la gravité de la situation vécue ces dernières années. « En 2023, 50 femmes ont été assassinées, et ce chiffre n’a cessé de croître, pour atteindre 67 cas en 2024 et 77 en 2025. Les chiffres enregistrés depuis le début de l’année 2026, confirment cette funeste tendance haussière. À cela, il faut relever que ces féminicides sont majoritairement com- mis par les personnes proches des victimes, et spécifiquement les conjoints, les parents et autres membres d’une même famille, les voisins, ou encore des amis et connaissances » a-t-il précisé.

D’après des sources, des violences commises à l’encontre des enfants, se traduisent essentiellement par des viols, des meurtres et divers traumatismes.

« Vous convenez avec moi qu’autant la nature des actes perpétrés, que les circonstances de leur survenance, revêtent un réel caractère de gravité et appellent par conséquent une action collective, urgente et forte », a plaidé le porte-parole du Gouvernement. Au-delà de la nécessité pour la population à accentuer l’éducation et la sensibilisation des enfants notamment, il revient aux pouvoirs publics de prendre des mesures fortes à l’encontre des auteurs de ces actes ignobles dont beaucoup bénéficient hélas de la protection des forces de l’ordre et des autorités de toutes sortes.

Source: Cameroun Horizons n°59