Vision 4: après Paul Biya, les soutiens tombent pour la chaine d'Amougou Belinga

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Thu, 1 Oct 2026 Source: www.camerounweb.com

Le Syndicat national des professionnels de l'information et de la communication (SPIC) monte au créneau. Dans un communiqué syndical n°012/BE/26 signé ce 1er octobre 2026 par son président Thierry Eba, le SPIC dénonce la décision du Conseil national de la communication (CNC) de suspendre Vision 4 pour un mois, la jugeant « excessive, disproportionnée et attentatoire à la liberté de la presse ». Il accuse le régulateur d'« abus de pouvoir » et appelle à la suspension de cette décision.

La sanction du CNC ne passe pas. Au lendemain de la décision du régulateur de suspendre Vision 4 pour un mois, et de sanctionner Martial Owona et Boney Philippe, le Syndicat national des professionnels de l'information et de la communication (SPIC) a publié un communiqué d'une rare fermeté pour dénoncer ce qu'il considère comme une atteinte grave à la liberté de la presse.

Une décision « excessive » et « disproportionnée »

Dans son communiqué n°012/BE/26, le SPIC « exprime sa profonde indignation et déplore avec la plus grande fermeté les dernières décisions du Conseil national de la communication ». Il estime que ces mesures « constituent des entraves graves aux principes fondamentaux de la liberté de la presse, de la liberté d'expression et du droit des citoyens à avoir une information plurielle, indépendante et diversifiée ».

Le syndicat rappelle que « dans un État de droit, les désaccords ou les griefs reprochés à un organe de presse doivent appeler au dialogue, à des sanctions proportionnées ou à des voies de recours légales, et non à des décisions drastiques d'asphyxie des espaces d'expression ».

Le SPIC reconnaît que le CNC a le droit de prononcer des sanctions administratives et disciplinaires, « mais exclusivement dans le cas de violation ou en cas de manquement à l'éthique et à la déontologie ». Il ajoute que « ces prérogatives du CNC ne doivent pas être utilisées pour des règlements de compte ou de manière disproportionnée ».

Le syndicat dénonce en outre « un abus de pouvoir excessif de la part du Président du Conseil national de la communication ».

Le SPIC souligne également les conséquences sociales de cette décision. Il affirme que la suspension de Vision 4 « viole l'article 2 alinéas 1 et 2 de la Loi N°92/007 du 14 Août 1992 portant Code du travail au Cameroun » et « dénonce avec la dernière énergie ces décisions du CNC qui constituent une entrave grave à la mise en œuvre par la Chaîne de télévision VISION 4 de l'article 70 alinéas 1 et 2 de la Loi N°92/007 du 14 Août 1992 portant Code du travail au Cameroun, causant un préjudice important aux autres professionnels des médias en service dans ladite télévision ».

Le SPIC indique que ce préjudice « peut entraîner une plainte par des tiers pour abus d'autorité punissable par le Code pénal en ses articles 89 et 146 ».

Le syndicat exprime sa « solidarité totale et indéfectible envers la direction générale et l'ensemble du personnel de VISION 4 qui subissent de plein fouet cet arrêt d'activité professionnelle ». Il appelle le CNC à « rapporter cette décision en privilégiant l'apaisement ainsi qu'une approche plus respectueuse de la protection des libertés individuelles ».

Cette sortie du SPIC intervient dans un contexte de vives tensions entre le CNC et le groupe L'Anecdote. Depuis la suspension de Vision 4, la chaîne a multiplié les stratégies de contournement, diffusant ses programmes sur Vision 4 RCA puis annonçant son basculement sur le canal 531 de Canal+.

Le CNC, de son côté, voit son autorité contestée de toutes parts : contestation judiciaire annoncée par L'Anecdote, convocation de son président devant le tribunal de Ngoumou, et maintenant mise en cause par le principal syndicat des journalistes camerounais.

Source: www.camerounweb.com