La sanction place face à face une chaîne influente et l’autorité chargée de réguler les médias
Le Conseil national de la communication a décidé le 29 septembre de suspendre Vision 4 de toute diffusion pendant un mois.
Le dossier remonte à un reportage du journal télévisé du 2 juin consacré à la procédure judiciaire liée à l’affaire Martinez Zogo. Le CNC estime que des déclarations diffusées portaient atteinte à la dignité de l’avocate Félicité Esther Zeifman. Une première décision, rendue le 18 août, avait suspendu le journaliste Owona Thaddée Martial et averti la direction.
Selon le régulateur, cette décision n’a pas été exécutée. Le CNC invoque aussi des propos tenus le 30 août dans l’émission « Club d’élites » et le défaut de comparution des responsables malgré deux reports. Il s’appuie notamment sur l’obligation faite aux opérateurs audiovisuels de répondre à ses réquisitions.
Boni Menyene Philippe est suspendu un mois de l’exercice du journalisme. La suspension d’Owona Thaddée Martial est portée de trois à six mois. Jean-Claude Fouda Abega, directeur de publication de L’Anecdote, écope également d’un mois, à la suite d’une publication jugée injurieuse et non fondée.
Cette affaire soulève deux exigences parallèles. Les médias doivent respecter les personnes, le contradictoire et les décisions régulièrement prises. Le régulateur doit, lui, motiver ses sanctions, garantir la défense et rendre possibles les recours.
La prochaine information importante n’est pas une nouvelle déclaration de colère, mais l’application effective de la décision et, le cas échéant, la saisine d’une juridiction. La liberté de la presse et la responsabilité éditoriale ne s’annulent pas ; elles se contrôlent l’une l’autre.