Pendant longtemps, la conservation parlait surtout le langage des espèces menacées. À Yaoundé, elle parle davantage de ceux qui vivent près des forêts, connaissent leurs saisons et supportent le coût quotidien des interdictions.
Près de 250 spécialistes participent du 8 au 11 septembre au quatrième congrès de la Société africaine de primatologie, organisé au Palais des congrès de Yaoundé avec la Cameroon Biodiversity Association. Le thème associe éthique scientifique et participation communautaire.
Les échanges portent sur les effets des projets de développement sur les habitats, le rôle des savoirs locaux, la recherche, le tourisme et la lutte contre le trafic. Une réunion liée à l’accord sur les gorilles complète le programme.
Le Cameroun abrite une diversité remarquable de primates, mais routes, agriculture, exploitation forestière et chasse fragmentent leurs habitats. Une aire protégée ne peut durablement fonctionner contre ses riverains. Elle doit produire des droits clairs, des revenus compatibles avec la conservation et des mécanismes de plainte.
Le congrès sera jugé sur sa déclaration finale et sur ce qui suivra : projets conduits avec les communautés, données africaines mieux partagées et financement des chercheurs locaux. L’éthique commence aussi par la manière dont la connaissance et le crédit scientifique sont distribués.