Yaoundé : un procureur agit comme un bandit bon à enfermer

Tribunal De Yaounde Cameroun Une affaire qui fait beaucoup parler

Mon, 17 Aug 2026 Source: www.camerounweb.com

C’est l’histoire d’un procureur au tribunal de grande instance de Yaoundé qui est pointé du doigt. Il n’est autre que Ndi Ndi, accusé de faire du sale. L’homme protège un locataire insolvable et a décidé de faire incarcérer le propriétaire, comme le raconte Boris Bertolt sur ses différentes pages dont nous relayons le contenu.

À Yaoundé, une procédure d’expulsion légale se transforme en piège judiciaire. Tameghi Lonchele Romaric, propriétaire et héritier, croupit à la prison de Kondengui depuis le 12 août 2026. Pendant ce temps, Manga Nyassa Michel, son locataire avec des années d’impayés, occupe toujours la maison de Jamot à Mballa II.

Au cœur des accusations : le procureur Luc Ndi Ndi du tribunal de grande instance de Yaoundé. La famille l’accuse d’avoir torpillé la justice pour couvrir le locataire.

Chronologie d’un détournement de procédure. Le 18 juillet 2019, la justice ordonne l’expulsion de Manga Nyassa Michel pour loyers impayés. Le locataire feint de ne pas recevoir la décision. Après le décès de la mère des héritiers le 6 mars 2022, un accord familial désigne Tameghi Romaric et sa sœur Cécile comme administrateurs. Le frère aîné, Tameghi Kemta Robert, conteste et ferait alliance avec le locataire.

La famille sort un duplicata de la grosse. Les huissiers se présentent le 3 août 2026. Intervention du commissariat du 10è de Bastos. Le commissaire Wanko Pesauk Arnaud fait stopper la procédure. Procès-verbal à l’appui. Expulsion partielle.

Tameghi Romaric est convoqué comme "témoin" au 10è le 10 août. Il dort en cellule. Le 12 août à 18h, sans avoir été entendu au parquet, il est déféré à Kondengui sur mandat du procureur Ndi Ndi. Chef d’accusation requalifié par le procureur : « Arrivé avec 10 voyous, a cassé et volé 4 465 474 francs CFA ». Problème : selon plusieurs témoignages, Tameghi n’était pas sur les lieux. Le procureur aurait refusé d’entendre les témoins.

Les zones d'ombre qui accablent. Le conflit d’intérêt : le locataire Manga Nyassa Michel se vanterait d’avoir "son frère le procureur Luc Ndi Ndi". Il aurait déclaré : « Un Bamiléké ne peut pas me mettre dehors à Yaoundé ».

Le deal présumé : selon la famille, Tameghi Kemta Robert aurait promis une "côte part" au procureur et un local au locataire en échange de son aide.

La disparition de pièces : l’original de la grosse d’expulsion a disparu lors d’un cambriolage à l’étude de Maître Tiwa.

Le passé du locataire : Manga Nyassa Michel est cité dans un audit de la Cagefie Microfinance, accusé de détournement avec des caisses vides et des plaintes d’épargnants.

Pendant ce temps, le 04 août 2026, Manga Nyassa porte plainte contre les personnes venues exécuter la justice pour « vol aggravé et violation de domicile ».

L'ambassade de France monte au créneau. De nationalité française, Tameghi Romaric est désormais défendu par Maître Keou, mandaté par l’Ambassade de France au Cameroun. Comment un jugement d’expulsion de 2019 peut-il envoyer le propriétaire en prison en 2026, pendant que le locataire impayé reste protégé ?

La famille Tameghi crie à la « filouterie de loyer institutionnalisée » et demande l’ouverture d’une enquête administrative.

Source: www.camerounweb.com