Yaoundé : une fille aux gros yeux se fait avoir

Fille Pas Simple Ne pas faire la même erreur (illustration)

Thu, 15 Jan 2026 Source: www.camerounweb.com

Parfois, avec du recul, on se rend compte de nos erreurs. Sonia l’a compris et elle se sert de ce qui lui est arrivé pour alerter ses sœurs, la vie est pleine de surprises.

J’ai honte de moi, mais il faut que je le dise pour que d’autres ne commettent pas la même erreur. Je m’appelle Sonia, j’ai 34 ans aujourd’hui. Mais quand je repense à mes 23 ans, j’ai juste envie de me frapper la tête contre le mur parce que j’ai détruit de mes propres mains l’unique bonheur que la vie m’avait offert.

À cette époque, j’étais étudiante en licence 2 à l’université de Yaoundé 1. J’étais belle, pleine de rêves, un peu naïve et surtout très influencée par ce que je voyais sur les réseaux sociaux. Je voulais être cette fille-là : habillée à la mode, téléphone dernier cri, toujours dans les bons coins de la ville.

Je voulais vivre vite. Je voulais plaire. C’est là que j’ai rencontré David. C’était un jeune informaticien, simple, respectueux, toujours avec un sourire sincère. Il venait souvent m’attendre à la sortie des cours juste pour marcher avec moi. Pas de voiture, pas d’argent à jeter, mais il avait ce regard d’homme vrai.

Un jour, il m’a dit timidement : « Sonia, je n’ai pas grand-chose, mais si tu veux, on peut construire ensemble. Je t’aime vraiment ». À l’époque, j’ai souri. Mais dans mon cœur, je me suis demandé : « Construire quoi ? Avec un gars qui n’a même pas de moto ? ». Je le respectais, mais je le trouvais trop simple.

Quand Nicolas est entré dans ma vie, tout a basculé. Nicolas, c’était tout le contraire. Grand, élégant, parfumé, voiture climatisée, montre brillante, téléphone toujours neuf. Il parlait avec assurance et surtout, il savait flatter les femmes. La première fois qu’il m’a dit « tu es différente, Sonia, tu mérites une vie de reine », mon cœur a tremblé.

Il m’a emmenée dans des restaurants où je n’étais jamais entrée. Il me donnait des cadeaux juste pour me voir sourire. Et moi, j’ai oublié David. Je lui ai dit que j’avais besoin de prendre du recul. En réalité, j’avais juste pris la route du mensonge.

Avec Nicolas, tout semblait beau les trois premiers mois. Mais très vite, j’ai découvert l’autre visage de la richesse facile. Quand il voulait me voir, je devais venir, même si j’étais malade. Quand il parlait, je devais me taire. Il me traitait comme une poupée qu’on expose, pas comme une femme qu’on aime.

Un soir, pendant qu’on dînait dans un grand hôtel, il reçoit un appel. Il décroche, parle doucement, puis sort du restaurant en disant : « C’est ma sœur, j’arrive ». Mais dix minutes après, je vois une dame élégante entrer et venir droit sur moi. Elle me regarde de haut en bas et me dit d’une voix glaciale : « C’est donc toi la fille qui sort avec mon mari ? ». Mon sang s’est glacé.

Je n’ai même pas eu le temps de parler. Elle a jeté le verre d’eau sur moi et est partie. Les gens regardaient. J’avais envie de disparaître. C’est ce soir-là que j’ai appris que Nicolas était marié, père de deux enfants. J’ai voulu tout arrêter. Mais il m’a suppliée, jurant qu’il allait quitter sa femme. Et moi, idiote que j’étais, je l’ai cru. Quelques mois plus tard, je suis tombée enceinte. Quand je lui ai annoncé, il m’a regardée sans émotion et a dit : « Fais ce qu’il faut, je ne veux pas de problèmes ».

Je me suis mise à trembler. Je pleurais jour et nuit. Je n’osais même plus sortir de peur qu’on me voie dans cet état. Et finalement, j’ai fait ce qu’il voulait. J’ai avorté. J’ai failli mourir. Mais le pire, ce n’était pas la douleur physique. C’était de me réveiller dans ce lit d’hôpital en me disant : « J’ai perdu un enfant pour un homme qui ne m’aimait même pas ».

Quelques semaines plus tard, j’ai appris que David, mon ex, s’était fiancé. Avec une fille simple, douce, travailleuse, qu’il avait rencontrée dans son église. Je suis allée discrètement sur son profil Facebook : il avait l’air heureux. Vraiment heureux. Et c’est là que j’ai pleuré comme une enfant. Parce que j’ai compris que le bonheur que je cherchais dans le luxe, je l’avais déjà eu dans la simplicité.

Dix ans plus tard, j’ai tout recommencé à zéro. J’ai mon petit commerce, je vis humblement, seule, mais en paix. Je ne juge plus les femmes simples. Je les admire parce qu’elles ont ce que j’ai perdu : la pureté du cœur. Mes sœurs, écoutez-moi : ne choisissez jamais un homme pour ce qu’il a, mais pour ce qu’il est ; ne vendez pas votre dignité pour une vie éphémère ; l’argent ne soigne pas le cœur blessé, il ne fait que décorer la douleur. J’ai honte de moi, oui. Mais si mon histoire peut sauver une seule jeune femme de tomber dans le même piège, alors ma honte aura enfin servi à quelque chose.

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