Ça chauffe au tribunal militaire : retournement de situation spectaculaire

Amougou Danwe Zogo Image illustrative

Tue, 15 Sep 2026 Source: www.camerounweb.com

Coup de théâtre ce mardi 15 septembre 2026 au Tribunal militaire de Yaoundé. Selon nos informations, le colonel Dieudonné Bialo a lâché une révélation qui a glacé l’assistance : le colonel Justin Danwé aurait directement transmis à Jean-Pierre Amougou Belinga les vidéos de la torture sauvage de Martinez Zogo. Une bombe qui a contraint la présidence du tribunal à suspendre immédiatement les débats.

L’audience a basculé en quelques secondes. Ce mardi 15 septembre 2026, devant une salle médusée, le colonel Dieudonné Bialo, du Service Central des Recherches Judiciaires (SCRJ), a apporté un témoignage qui pourrait constituer un tournant décisif dans le dossier de l’assassinat de Martinez Zogo.

Selon les informations recueillies, le colonel Bialo a affirmé devant la cour que le colonel Justin Danwé, principal accusé dans l’affaire, avait directement transmis à Jean-Pierre Amougou Belinga des vidéos montrant la torture subie par le journaliste. Ces images, d’une violence extrême, documentent les sévices qui ont conduit à la mort de Martinez Zogo .

Cette révélation vient accréditer une version déjà évoquée dans le dossier. Dès janvier 2024, des sources proches de l’enquête indiquaient que Danwé s’était rendu au 9ᵉ étage de l’immeuble Ekang, siège du groupe L’Anecdote, le 18 janvier 2023, au lendemain de l’enlèvement, pour rendre compte de l’opération à Amougou Belinga et lui envoyer, via WhatsApp, les vidéos de la torture . Selon ces mêmes sources, Amougou Belinga aurait répondu : « C’est très bien » .

Le récit de Bialo s’inscrit dans une chronologie déjà documentée par l’enquête préliminaire. Le 29 décembre 2022, Danwé aurait rencontré Amougou Belinga à son domicile, recevant 2 millions de francs CFA comme avance sur une mission évaluée à 23 millions. D’autres rencontres auraient suivi, notamment le 16 janvier 2023, la veille de l’enlèvement, pour planifier l’opération .

Selon les éléments versés au dossier, après la découverte du corps de Martinez Zogo le 23 janvier 2023, Danwé se serait rendu une nouvelle fois à l’immeuble Ekang pour exprimer sa gêne. Amougou Belinga lui aurait alors répondu : « Ça va, il devait mourir comme ça » .

Face à l’onde de choc provoquée par ces déclarations, la présidence du tribunal n’a eu d’autre choix que d’ordonner la suspension immédiate des débats. La tension était à son comble dans la salle d’audience, où plusieurs observateurs ont décrit un moment de flottement total.

Cette suspension intervient alors que le procès entrait dans une phase cruciale. La veille, le 14 septembre, le colonel Jean-Pierre Otoulou, 34ᵉ témoin de l’accusation, avait déjà été mis sous pression par plusieurs accusés, notamment Bruno Bidjang et Justin Danwé. Danwé avait alors affirmé avoir reçu l’ordre de l’opération avant sa rencontre avec Amougou Belinga, une déclaration qui bousculait la chronologie établie .

Les avocats déjà en ordre de bataille

Me Jacques Mbuny, conseil de Justin Danwé, avait déjà livré sa lecture des débats, affirmant que son client avait « assumé » avoir dirigé le commando, tout en précisant : « Il n’a jamais été question d’ôter la vie à Martinez Zogo » .

De son côté, Me Ofomo Toueli, avocat de Léopold Maxime Eko Eko, avait soutenu que Danwé était allé « à une mission personnelle », tentant de déplacer la responsabilité vers le seul Danwé .

Pour l’heure, ni les avocats d’Amougou Belinga ni ceux de Danwé n’ont réagi publiquement à cette nouvelle révélation. La reprise de l’audience n’a pas encore été annoncée. Une chose est certaine : l’étau se resserre autour des commanditaires présumés, et la vérité judiciaire, longtemps repoussée, semble cette fois se rapprocher.

Source: www.camerounweb.com