Scandale : le gouverneur de la Beac Yvon Sana Bangui est dans de sales draps

Yvon Bangui Gouverneur BEAC.jpeg La Banque des États de l’Afrique centrale (Beac)

Mon, 17 Mar 2025 Source: www.camerounweb.com

Le journaliste Boris Bertolt explique comment le bilan catastrophique de Yvon Sana Bangui, un an seulement après son arrivée à la tête de la Beac, inquiète sur les performances économiques de la sous-région. Le lanceur d’alerte ne manque pas de souligner que le personnel de la Beac déplore une gouvernance sauvagement austère du gouverneur Yvon Sana Bangui.

Une politique d’austérité extrême émaillée des violations sauvages des droits du personnel et des textes qui les régissent. En plus de la rupture abusive des primes et autres acquis du personnel sans aucune forme d’explication, la banque n’étant pas en crise, le gouverneur actuel s’illustre par le blocage des missions et la mise en péril des projections économiques de la sous-région.

Blocage des missions

Les missions aussi sont bloquées même pour les activités fondamentales de la banque. « Certaines activités de 2025, même celles liées aux missions statutaires, qui ont été budgétisées et dont les crédits ont été alloués voient leur exécution bloquée par le gouverneur surtout si elles donnent lieu à des missions. On dirait que le Gouverneur actuel développe une phobie ou une paranoïa à l’égard des missions que doivent effectuer les agents dans le cadre de leur prérogatives essentielles. Cet état de fait crée une forme d’inertie au sein de la banque, de découragement voire de démotivation », explique un Directeur ayant requis l’anonymat.

« Même pour certaines formations à effectuer dont les crédits ont été acquis, l’actuel gouverneur demande de les suivre sur YouTube et proscrit tout déplacement vers les centres ou organismes de formation agréés », indique un Directeur au siège.

Incompétence

La première année de Yvon Sana Bangui à la tête de l’institution a été marquée par des tensions inflationnistes persistantes et la diminution des réserves de change des pays de la CEMAC avec un risque de dépréciation de la monnaie au point où un sommet extraordinaire des chefs d’État a été convoqué à Yaoundé. Où en sommes-nous avec la mise en œuvre des résolutions 3 mois après le sommet du 16 décembre 2024 tenu à Yaoundé ?

Certains proches collaborateurs du gouverneur parlent d’un homme entêté qui n’écoute pas. D’autres responsables évoquent un gouverneur ayant constitué un cabinet ne comportant aucun économiste chevronné. D’aucuns parlent de conseillers béni-oui-oui qui n’osent aller aux antipodes du gouverneur de peur de subir ses foudres.

Le climat social s’alourdit au fil des jours. Même la fête annuelle de la Beac, moment important de communion du personnel avec les dirigeants, qui se tenait en janvier de chaque année n’a pas eu lieu et n’est même pas envisagé par Yvon Sana Bangui.

Une communication catastrophique

La Beac s’apprête à émettre très prochainement des nouvelles pièces de monnaie mais aucune communication n’est faite à propos par le gouverneur à l’intention du grand public en dehors d’une présentation aux chefs d’États et autorités de la Cemac. Les principaux utilisateurs de ces signes monétaires que sont les populations de la zone sont laissées pour compte. Même pas une communication institutionnelle préparatrice de l’arrivée prochaine des nouvelles pièces avant des communications ciblées pour leur présentation officielle dans le but de leur acceptation par les populations de la zone. Le Gouverneur se limite à produire des communiqués pour démentir les rumeurs relatives aux pièces de monnaie. Lesquelles rumeurs trouvent leur terreau dans ce vide communicationnel.

« La Beac sous Yvon Sana Bangui ne mène pas une communication proactive comme cela devrait être le cas pour une banque centrale mais plutôt une communication réactive. Et c’est bien dommage », indique un ancien haut cadre dirigeant à la retraite.

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