Rigobert Song en Centrafrique : Pourquoi son salaire fait polémique et menace les finances publiques

Song En RCA Image illustrative

Fri, 21 Mar 2025 Source: www.camerounweb.com

La nomination de Rigobert Song à la tête des Fauves de Centrafrique ne fait pas que diviser le gouvernement et la fédération de football. Elle soulève également des questions sur la gestion des finances publiques, dans un contexte où le pays cherche à réduire son déficit budgétaire. Avec un salaire mensuel supérieur à 4 millions de francs CFA, le contrat du sélectionneur camerounais est au cœur d’une polémique qui dépasse le cadre sportif.

Tout a commencé lorsque Héritier Doneng, le ministre des Sports, a personnellement négocié le recrutement de Rigobert Song en janvier 2025. Accompagné de Samuel Eto’o, Doneng s’est rendu à Douala pour rencontrer l’ancien sélectionneur du Cameroun et sceller un accord en grande pompe. Le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra a même reçu Song à Bangui, donnant l’impression que l’affaire était réglée. Mais la Fédération centrafricaine de football (FCF), qui n’avait pas été consultée, a rapidement fait savoir qu’elle ne reconnaîtrait pas cette nomination.

Derrière cette opposition se cache une question plus large : celle des finances publiques. Le salaire de Rigobert Song, bien que justifié par son expérience et son prestige, représente une charge importante pour un pays aux ressources limitées. Une source au Trésor public confie d’ailleurs que « Song a signé son contrat, mais il risque de ne jamais être payé ». Cette situation reflète les tensions au sein du gouvernement, où plusieurs ministres désapprouvent les décisions prises par Héritier Doneng, jugées coûteuses et peu transparentes.

Le président Touadéra lui-même a plusieurs fois manifesté sa désapprobation concernant des décisions susceptibles de creuser le déficit public. Une source proche du chef de l’État dénonce d’ailleurs l’utilisation de son image dans cette affaire : « L’image du président a été utilisée pour masquer le désordre. Il soutient Célestin Yanindji, le président de la FCF, et ne permettra pas qu’il soit mis en difficulté. »

Pendant ce temps, la FCF, dirigée par Yanindji, continue de résister. Le staff choisi par la fédération a dirigé les deux derniers rassemblements des Fauves, tandis que Rigobert Song reste dans l’expectative. La situation pourrait encore s’aggraver avec la menace de sanctions de la FIFA, qui a demandé à la FCF de clarifier la situation dans les plus brefs délais.

Cette affaire, qui mêle sport, politique et finances, révèle les défis auxquels la Centrafrique est confrontée. Alors que le pays cherche à redynamiser son football, les rivalités internes et les questions budgétaires risquent de freiner ses ambitions. Rigobert Song, lui, incarne malgré lui les tensions d’un système à la croisée des chemins.

Source: www.camerounweb.com