Dans un pays où la jeunesse représente la majorité de la population, la gérontocratie au sommet de l'État camerounais continue de faire débat. Le journaliste Cédrique Nding d'Équinoxe TV a relancé la polémique en dénonçant ce qu'il appelle le "règne du 5e âge" dans les institutions camerounaises.
Lors de son émission "10-12 Le Zénith" diffusée jeudi 20 mars, le présentateur a pointé du doigt la reconduction de Marcel Niat Njifenji et Cavaye Yéguié Djibril à la tête des deux chambres du Parlement, deux personnalités politiques dont l'âge avancé suscite des interrogations sur le renouvellement de la classe politique camerounaise.
"85 ans et 90 ans, Cavaye Yéguié Djibril et Marcel Niat Njifenji ont été respectivement reconduits à la tête de l'Assemblée nationale et du Sénat camerounais avec à côté d'eux, leurs vieux potes de toujours : le président de la République 93 ans, le président du Conseil économique et social 83 ans et un peu plus, le délégué général à la Sûreté nationale, lui aussi 93 ans", a déclaré Cédrique Nding.
Le journaliste n'a pas mâché ses mots pour qualifier cette situation : "Vous l'avez compris, ce n'est ni le règne du premier encore moins du deuxième même pas du troisième encore moins du quatrième mais du 5e âge. Le Cameroun est gouverné par des personnes qui en principe auraient dû être à la retraite pendant que les jeunes, eux, sont à la retraite. Le monde à l'envers."
Cette sortie médiatique intervient dans un contexte politique particulier où les rumeurs d'une possible candidature du président Paul Biya pour un huitième mandat à la prochaine élection présidentielle se font de plus en plus insistantes, malgré ses 93 ans.
Le journaliste a ainsi mis en lumière un paradoxe qui suscite des débats dans la société camerounaise : alors que l'âge légal de la retraite est fixé à 60 ans pour la fonction publique, les plus hautes fonctions de l'État sont occupées par des personnalités largement au-delà de cette limite.
Cette critique du "règne du 5e âge" alimente le débat sur le renouvellement générationnel au sein des instances dirigeantes du pays, dans un contexte où le chômage des jeunes demeure une préoccupation majeure.
Pour l'heure, aucune réaction officielle n'a été enregistrée suite aux propos du journaliste d'Équinoxe TV, mais ses déclarations résonnent avec les préoccupations d'une partie croissante de la population camerounaise qui appelle à un rajeunissement des élites politiques.