Sale besogne : une nouvelle pratique des policiers et gendarmes fait le tour du monde

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Tue, 13 Jan 2026 Source: www.camerounweb.com

Le Cameroun continue de faire mal les choses. Au tour de la police Émi-Immigration et des gendarmes d’être accusés de « pratiques illégales et abus contre les populations ». Le texte dans lequel l’auteur dénonce tout est publié par notre rédaction.

Il est important de porter à l’attention des autorités compétentes les pratiques illégales et abusives menées par la police Émi-Immigration et les éléments de la brigade de gendarmerie de Boubara, opérant dans la localité de Gbiti, village situé dans la région de l’Est du Cameroun, département de la Kadey, arrondissement de Ketté et frontalier avec la République centrafricaine.

Depuis près de 10 ans, avec la complicité présumée de leur hiérarchie, notamment le commissaire en charge ainsi que certaines autorités locales de la ville de Ketté, ces forces de maintien de l’ordre se livrent à des pratiques déloyales et illégales, dont certaines relèvent exclusivement des compétences des services douaniers.

Ces pratiques comprennent notamment le prélèvement arbitraire de taxes sur les marchandises appartenant aux commerçants centrafricains venant s’approvisionner au Cameroun, et inversement ; la taxation illégale des légumes transportés par les bayam-sellam en provenance de la Centrafrique pour la vente au Cameroun ; la prorogation d’un récépissé de carte nationale d’identité (CNI) conditionnée au paiement de 2 000 francs CFA ; la déclaration de perte de pièces administratives imposée à un coût minimum de 5 000 francs CFA ; l’exigence d’un paiement non justifié de 2 000 francs pour toute personne traversant la frontière entre la Centrafrique et le Cameroun.

Le village de Gbiti est une localité cosmopolite où les échanges économiques, sociaux et familiaux entre les populations camerounaises et centrafricaines sont permanents. Toutefois, ces relations sont aujourd’hui gravement compromises par les agissements abusifs de certains hommes en uniforme. Désormais, même le simple fait de transporter des légumes ou un sac de couscous à destination d’un membre de la famille de l’autre côté de la frontière est soumis à des taxes illégales.

De manière totalement arbitraire, des montants fixes sont imposés par colis dans le cadre des activités commerciales. À titre d’exemple, un petit groupe électrogène est taxé à 5 000 francs ; un petit carton de savon est soumis à un prélèvement d’au moins 1 000 francs, et ainsi de suite.

Avant la crise centrafricaine, Gbiti comptait une intense activité commerciale. Aujourd’hui, près de 150 magasins sont fermés et abandonnés, conséquence directe de la tracasserie policière. De nombreux commerçants camerounais ont été contraints de quitter Gbiti pour s’installer dans d’autres villes.

Par ailleurs, les commerçants centrafricains issus de grandes localités voisines telles que Gbambia et Gaza préfèrent désormais parcourir plus de 70 kilomètres supplémentaires pour s’approvisionner à Kentzou, plutôt que de passer par Gbiti, pourtant la frontière la plus proche, en raison de ces abus répétés.

Ces faits, qui portent gravement atteinte à la libre circulation des personnes et des biens, à la cohésion sociale et au développement économique local.

Source: www.camerounweb.com