Jeune Afrique dévoile comment le pouvoir camerounais compte utiliser la venue du souverain pontife pour apaiser les tensions internes
La visite annoncée du pape Léon XIV au Cameroun représente bien plus qu'un simple événement religieux pour le gouvernement de Paul Biya. Jeune Afrique révèle que Yaoundé voit dans ce déplacement pontifical une opportunité unique de redorer son image sur la scène internationale et de relancer le dialogue avec les régions anglophones en crise.
Selon les informations exclusives obtenues par Jeune Afrique auprès de sources gouvernementales, la présidence camerounaise perçoit cette visite papale comme un "label de respectabilité internationale" dans un contexte où le pays fait face à des critiques récurrentes sur la gestion de la crise anglophone et les questions de droits humains.
Jeune Afrique a appris que plusieurs ministres du gouvernement Biya ont évoqué, lors de réunions confidentielles, la nécessité de "capitaliser sur l'effet pape" pour améliorer l'image du Cameroun. L'un de nos interlocuteurs au sein de l'exécutif confie que "la visite du Saint-Père nous donne une légitimité que certains voudraient nous contester".
Jeune Afrique révèle que les discussions entre le Vatican et Yaoundé ont porté en partie sur la possibilité pour le pape de se rendre dans les régions anglophones, théâtre d'un conflit qui a fait des milliers de morts depuis 2016. Selon nos informations, le Saint-Siège aurait manifesté son intérêt pour une visite dans ces zones, mais les considérations sécuritaires rendent ce projet complexe.
Des sources ecclésiastiques contactées par Jeune Afrique indiquent que plusieurs évêques des diocèses anglophones ont fait part de leur souhait d'accueillir le souverain pontife, y voyant une occasion de mettre en lumière les souffrances de leurs communautés. Cependant, le gouvernement camerounais, selon les révélations de Jeune Afrique, préférerait limiter le déplacement papal à Yaoundé et éventuellement à Douala, pour des raisons de sécurité mais aussi pour éviter que le pape ne devienne le témoin direct de la situation dans ces régions.
Jeune Afrique dévoile que l'archevêque de Yaoundé, Monseigneur Jean Mbarga, joue un rôle central dans l'organisation de cette visite. Nos sources révèlent qu'il a été mandaté pour servir d'intermédiaire entre le Vatican et le gouvernement, une position délicate dans un pays où l'Église a parfois critiqué ouvertement les autorités.
Selon les informations de Jeune Afrique, la conférence épiscopale du Cameroun a élaboré un programme ambitieux pour cette visite, incluant des rencontres avec les jeunes, les communautés religieuses et les personnes déplacées par les conflits. L'objectif, révèle Jeune Afrique, serait de permettre au pape de percevoir la réalité complexe du pays, au-delà du protocole officiel.
L'articulation entre la visite papale et les élections législatives et municipales n'est pas fortuite, révèle Jeune Afrique. Des sources proches de la présidence indiquent que le parti au pouvoir, le RDPC, espère bénéficier d'un "effet d'aubaine" en organisant les élections dans la foulée de cet événement religieux majeur.
Jeune Afrique a découvert que certains stratèges du régime estiment qu'une visite papale réussie pourrait créer un climat d'apaisement favorable au parti au pouvoir. Cette instrumentalisation potentielle inquiète l'opposition, selon nos informations, qui craint que les médias d'État ne saturent l'espace médiatique avec la couverture de l'événement papal, au détriment du débat démocratique.
Au-delà des calculs politiques, Jeune Afrique révèle que les catholiques camerounais nourrissent des attentes spirituelles fortes vis-à-vis de cette visite. Des sondages officieux réalisés dans plusieurs paroisses, dont Jeune Afrique a eu connaissance, montrent que les fidèles espèrent que le pape délivrera un message de paix et de réconciliation nationale.
Certains leaders religieux, contactés par Jeune Afrique, espèrent que le souverain pontife abordera ouvertement les questions de gouvernance, de corruption et de justice sociale, comme l'a fait le pape François lors de ses déplacements africains. Reste à savoir si Léon XIV adoptera le même ton prophétique que son prédécesseur, une question qui alimente les discussions dans les milieux ecclésiaux camerounais, selon les informations de Jeune Afrique.