Panique dans le sérail : Paul Biya va annoncer son successeur par décret

President Paul Biya Ngoh Chantal Pour de nombreux observateurs, cette annonce n'a rien de fortuit

Tue, 20 Jan 2026 Source: www.camerounweb.com

Que prépare réellement le président Paul Biya ? Qu’est-ce qui se cache derrière la révision constitutionnelle qui s’annonce au Cameroun ? Ces interrogations reviennent en boucle sur les lèvres des Camerounais ces derniers jours.

En effet, trente ans pile après la loi fondamentale du 18 janvier 1996, le Cameroun s’apprête-t-il à retoucher sa Constitution ? La Une du quotidien gouvernemental Cameroon Tribune de ce lundi 19 janvier 2026 ne laisse que peu de place au doute. En évoquant un « débat qui se fait jour sur la révision de certains aspects », le média officiel semble préparer l’opinion publique à un nouveau tournant institutionnel.

Pour de nombreux observateurs, cette annonce n'a rien de fortuit.

L'analyse de l'opposition : Carlos Ngoualem (Grand conseiller à Douala) y voit un stratagème classique du régime : « Cette Une veut dire que la constitution va être modifiée... pour les intérêts du régime au pouvoir. »

Le contexte : Après l'élection présidentielle du 12 octobre 2025 et le discours d'investiture du 6 novembre, le président Paul Biya a lui-même tracé les lignes : renforcement des institutions, accélération de la décentralisation et adaptation de l'action publique.

La grande interrogation concerne l'éventuelle création d'un poste de Vice-Président.

- En juin 2025, le cinéaste Jean-Pierre Bekolo alertait déjà sur cette idée, la qualifiant de « séance d'hypnose ». Selon lui, nommer un vice-président reviendrait à désigner un successeur par décret, contournant ainsi le suffrage universel direct.

- Renforcer l'exécutif pour répondre aux défis de l'emploi des jeunes et de la cohésion nationale après un scrutin contesté.

Le Cameroun n'en est pas à son premier ajustement. Chaque révision a marqué une étape clé de la concentration ou du partage du pouvoir :

1961 : Fédérale Union avec le Cameroun britannique.

1972 : Unitaire Fin du fédéralisme.

1996 : Institutionnelle Création du Sénat et décentralisation.

2008 : Exécutive Suppression de la limite des mandats, renforcement des pouvoirs d'exception.

Si l'on suit les prémices annoncées, les modifications pourraient porter sur :

L'Intérim du pouvoir : Préciser davantage les conditions de succession en cas d'empêchement, au-delà du rôle actuel du Président du Sénat (Article 6).

La Décentralisation : Donner plus d'autonomie financière et administrative aux régions, une promesse forte de l'investiture de novembre 2025.

Le Poste de Vice-Président : La pièce maîtresse pour assurer une transition « ordonnée » ou stabiliser l'exécutif.

Entre espoir d'une modernisation démocratique et crainte d'un « verrouillage » éternel, le peuple camerounais reste en attente de clarifications. Une chose est sûre : le débat est désormais officiellement ouvert.

Source: www.camerounweb.com