Chasser Paul Biya: le peuple soutiendra Ngoh Ngoh, la bombe d'Aristide Mono

Ngoh Signe De Respect Biya Image illustrative

Tue, 20 Jan 2026 Source: www.camerounweb.com

Dans une tribune incisive publiée ce lundi, l'activiste Aristide Mono balaie l'idée de clivages au sein de l'opposition camerounaise. Selon lui, il n'existe qu'un seul "peuple du changement", uni par une obsession : faire tomber Paul Biya, peu importe qui y parviendra.



Opinion… IL N’Y A PAS LE PEUPLE DU CHANGEMENT DE MAURICE KAMTO OU DE ISSA TCHIROMA MAIS UN PEUPLE DU CHANGEMENT PRÊT À SOUTENIR Y COMPRIS NGOH NGOH POUR CHASSER PAUL BIYA.

« Il n’y a pas un « peuple du changement » de Maurice Kamto et un autre d’Issa Tchiroma. Il n’y en a qu’un SEUL, mais qui s’aligne derrière le leader politique le mieux placé et prêt à mettre le régime Biya hors d’état de nuire. C’est tout ! Personne n’utilise le « peuple du changement » de l’autre.

Ceux qui ont soutenu Tchiroma sont, à quelques exceptions près, ceux qui auraient pu soutenir Kamto si les « mal élevés politiques » ne l’avaient pas disqualifié. Les scrutateurs de Tchiroma sont, pour la plupart, les mêmes qui auraient été ceux de Kamto. Les leaders politiques et de la société civile ayant appuyé Tchiroma auraient pu tout autant soutenir Maurice Kamto. De même, les avocats qui défendent aujourd’hui les victimes de l’élection d’octobre sont ceux-là mêmes qui auraient défendu les victimes d'un scrutin avec Kamto comme candidat. On n'allait pas inventer de nouveaux « avocats du changement ». Plusieurs se sont présentés au sein du collectif, mais comme ils ne sont pas des convaincus du « changement » mais plutôt des affairistes, ils ont presque tous fui, abandonnant les mêmes que nous connaissons dans le « changement » comme les infatigables Me Fabien Kengne, Me Simh ou Me Meli.

Il n’existe donc pas plusieurs factions du « peuple du changement » au Cameroun. Je ne parle pas ici de militants ou de sympathisants, mais bien du « peuple du changement », c’est-à-dire de ces Camerounais qui aimeraient voir le pays respirer un autre air. La particularité de ce peuple réside dans sa volonté farouche de voir SEULEMENT Biya tomber, peu importe celui qui va le faire tomber.

Pour ce peuple, l'identité de celui qui remplacera le président actuel est une question subalterne, voire subsidiaire : l'essentiel est qu’il tombe D'ABORD. Pour être encore plus clair : même si Ngoh Ngoh, Atanga Nji ou Chantal Biya se positionnaient comme l’opposant le mieux placé pour battre le président sortant, comme Tchiroma l’a fait, ce peuple les aurait soutenus par pragmatisme (le départ de Paul Biya D’ABORD). Ce peuple pense que le régime actuel ne tient encore que parce que la figure totémique de « l’homme du 6 novembre » continue de peser, même si l’homme lui-même semble devenu abstrait. Tous volent et répriment en son nom.

C’est ce que j’ai retenu de mon implication à fond sur le terrain à l’élection de 2025, des inscriptions sur les listes électorales à la solidarité envers les victimes, mon nouveau champ de lutte, en passant par la campagne et la crise post-électorale.

Les gens sont juste fatigués d'avoir affaire à un même individu, poteau central d'un régime improductif voire nocif.

Les réseaux ne permettent pas de saisir l’état d’esprit global et réel des Camerounais. Le Cameroun, c’est 10 régions, 58 départements, 360 communes, plus de 270 ethnies et environ 369 partis politiques. Au début de 2025, seuls 5,45 millions de Camerounais sur 30 millions d’habitants étaient sur les réseaux sociaux. Essayez de soustraire la grande masse des « je ne fais pas moi la politique » et de ceux qui suivent exclusivement les influenceurs et influenceuses de la distraction et vous comprendrez que la réalité du terrain est souvent autre.

N.B. : Veuillez considérer la différence que je fais entre « peuple du changement » et militants ou sympathisants d’un parti/leader politique.

Bon réveil !

ARISTIDE MONO»

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