Jeune Afrique révèle que Cavayé Yéguié Djibril, président de l'Assemblée nationale du Cameroun, a effectué ces derniers jours un court séjour médical en Afrique du Sud, nécessitant le déploiement d'un avion médicalisé suisse. Cette nouvelle évacuation sanitaire, qui s'ajoute à de précédentes hospitalisations notamment en Turquie, relance le débat sur la capacité du troisième personnage de l'État à assumer pleinement ses responsabilités.
À 86 ans et après plus de trois décennies à la tête de l'Assemblée nationale camerounaise, l'état de santé de Cavayé Yéguié Djibril fait l'objet d'interrogations récurrentes dans les cercles politiques de Yaoundé. Son absence remarquée lors de la cérémonie des vœux du 8 janvier au Palais de l'unité n'a fait qu'intensifier ces questionnements.
Selon les informations recueillies par Jeune Afrique, les difficultés du président de l'Assemblée ne se limitent pas à sa santé physique. Plusieurs de ses interventions publiques récentes ont révélé des faiblesses préoccupantes. Lors de la campagne présidentielle à Maroua et durant la cérémonie de prestation de serment de Paul Biya en novembre, ses discours ont été jugés confus, provoquant des moqueries virulentes sur les réseaux sociaux camerounais.
Dans les deux cas, révèle Jeune Afrique, l'intervention du président de l'Assemblée a dû être écourtée et son micro coupé pour permettre la poursuite des événements. Ces incidents, largement commentés sur les plateformes numériques, ont terni l'image d'une institution censée incarner la représentation populaire et la stabilité institutionnelle.
L'exclusion de Cavayé Yéguié Djibril de la cérémonie des vœux revêt, selon les révélations de Jeune Afrique, une dimension particulièrement humiliante. Le matin même de l'événement, alors que son véhicule officiel était prêt et que plusieurs membres du bureau de l'Assemblée nationale s'étaient rassemblés à son domicile pour l'accompagner, il a été informé que le président Biya ne souhaitait pas sa présence.
Jeune Afrique indique que cette situation inédite a provoqué un véritable malaise chez l'intéressé, plaçant l'octogénaire dans une position délicate vis-à-vis de ses propres collaborateurs. L'incident soulève la question de savoir si cette mise à l'écart est liée à ses récents faux pas protocolaires, à ses problèmes de santé, ou aux deux.
Alors que Paul Biya a annoncé dans son discours de vœux un remaniement gouvernemental et un renouvellement des élites à Yaoundé, le sort de Cavayé Yéguié Djibril cristallise les attentes. Jeune Afrique révèle qu'au-delà des considérations de santé, c'est toute la question du renouvellement générationnel à la tête des institutions camerounaises qui se pose.
Le président de l'Assemblée nationale avait lui-même plaidé, lors de la prestation de serment de novembre, pour un remaniement rapide et l'arrivée de nouvelles têtes au gouvernement. Selon les informations de Jeune Afrique, il avait exprimé sa lassitude face aux «anciens» de l'équipe gouvernementale. L'ironie de la situation n'échappe à personne : à 86 ans et après plus de trente ans au perchoir, Cavayé Yéguié Djibril pourrait lui-même incarner ce besoin de renouveau qu'il appelait de ses vœux.
Les révélations de Jeune Afrique sur les récents développements entourant le président de l'Assemblée nationale mettent en lumière une institution clé de la République camerounaise plongée dans l'incertitude. Entre les problèmes de santé avérés, les difficultés d'élocution observées publiquement et la disgrâce présidentielle apparente, la troisième institution de l'État se trouve dans une zone de turbulence inédite.
La classe politique camerounaise retient son souffle, suspendue aux prochaines décisions de Paul Biya. Le dossier Cavayé Yéguié Djibril, comme le révèle Jeune Afrique, est devenu un baromètre du changement politique promis par le président de la République. Son maintien ou son départ pourrait donner le ton du renouvellement annoncé des élites du pays.