Un couloir prioritaire est instauré pour les produits périssables et les médicaments
La bataille à laquelle les Camerounais assistent depuis quelques semaines entre le DG du Port Autonome de Douala (PAD), Cyrus Ngo’o et le ministre des finances Louis Paul Motaze s’est transportée au palais de l’Unité. Le différend porte sur le choix de la société chargée du scanning des conteneurs au port de Douala. Le directeur général du port a décidé de recruter une nouvelle société, au détriment de la Société Générale de Surveillance (SGS) qui travaillait déjà avec le gouvernement. Le ministre des Finances a demandé au directeur général du port de revenir sur sa décision et de laisser la SGS poursuivre son travail. Mais ce dernier a refusé de s'exécuter.
La situation est bloquée depuis plusieurs jours, les conteneurs sont bloqués au port et les instructions du ministre des Finances à la Douane sont claires : aucun conteneur ne sortira s'il n'est pas scanné par la SGS.
Face à ce risque d'instabilité sociale, la Présidence a décidé de reprendre la main sur un dossier qui piétinait entre les Douanes, le PAD et les prestataires techniques.
Le ministre secrétaire général de la présidence de la République Ferdinand Ngoh Ngoh a sifflé la fin de la récréation entre les deux hommes à l’issu d’une réunion de crise tenue ce mercredi 21 janvier 2026 sous sa présidence.
Autour de la table, le Ministre des Finances, celui des Transports, le Directeur Général des Douanes et le top management du PAD ont entendu le message de fermeté du SGPR. Ferdinand Ngoh Ngoh a exigé un retour à la normale « sans délai ».
Pour désengorger le port, une série de mesures d'urgence a été arrêtée :
Fonctionnement 24h/24 : Les équipes de scanning devront désormais opérer en flux continu pour résorber le stock de conteneurs en attente.
Plan de secours technique : L’acquisition et la mise en service immédiate de nouveaux équipements mobiles pour pallier les défaillances des installations fixes.
Priorité aux produits sensibles : Un couloir prioritaire est instauré pour les produits périssables et les médicaments afin d'éviter des ruptures de stock critiques.
Cette intervention directe du Secrétariat Général de la Présidence de la République souligne l'importance stratégique du Port de Douala dans l'économie nationale. En pleine année 2026, marquée par des enjeux de croissance majeurs, le gouvernement ne peut se permettre une paralysie prolongée de sa principale porte d'entrée maritime.
Les opérateurs économiques, qui dénonçaient depuis décembre des pénalités de stationnement (surestaries) exorbitantes dues à ces retards, attendent désormais de voir si ces instructions seront suivies d'effets immédiats sur le terrain. Le SGPR a, de son côté, annoncé qu'un suivi rigoureux de l'application de ces mesures serait effectué dans les prochains jours.