URGENT: Le photographe d'Issa Tchiroma arrêté à Garoua et transféré au SED

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Fri, 23 Jan 2026 Source: www.camerounweb.com

La répression post-électorale continue de frapper l'entourage des opposants au régime de Paul Biya. Après l'exil forcé d'Issa Tchiroma Bakary en Gambie, c'est au tour de son photographe personnel d'être pris dans l'étau judiciaire. Connu sous le prénom d'Alpha, ce collaborateur direct de l'opposant lors du scrutin présidentiel du 12 octobre 2025 est désormais incarcéré au Secrétariat d'État à la Défense (SED) à Yaoundé, dans l'attente d'une comparution devant le Tribunal militaire.

C'est le journaliste Guibaï Gatama, directeur de publication de L'Œil du Sahel, qui a levé le voile sur le sort du photographe ce jeudi 22 janvier 2026. Dans une publication sur sa page Facebook, il révèle que le détenu l'a contacté depuis le SED, utilisant un téléphone de service.

"Mon jeune frère, 'Alpha', photographe d'Issa Tchiroma lors de la dernière élection présidentielle, que je connais depuis fort longtemps, m'a appelé hier depuis le Secrétariat d'État à la Défense (SED), à Yaoundé", écrit le journaliste. "Il utilisait un téléphone de service. Il s'y trouvait, m'a-t-il dit, et se préparait à être conduit au Tribunal militaire de Yaoundé pour une audience."

Selon les informations relayées par Guibaï Gatama, Alpha a été arrêté il y a plusieurs jours à Garoua, dans la région du Nord, fief politique d'Issa Tchiroma Bakary. Son transfert vers le SED à Yaoundé, à plus de 1 200 kilomètres de son lieu d'arrestation, s'inscrit dans une logique de centralisation des dossiers sensibles liés à l'opposition politique.

L'un des aspects les plus préoccupants de cette affaire est l'absence totale d'assistance juridique dont bénéficierait le photographe. Selon Guibaï Gatama, Alpha "ne bénéficierait d'aucune assistance juridique", faute de ressources financières.

Cette situation place le détenu dans une position de grande vulnérabilité face à une machine judiciaire militaire réputée pour sa sévérité à l'égard des opposants politiques.

Cette arrestation s'inscrit dans la foulée de la présidentielle contestée du 12 octobre 2025. Alors qu'Issa Tchiroma Bakary, ancien ministre de la Communication devenu opposant, vit désormais en exil en Gambie, ses partisans et collaborateurs font face à des poursuites devant les juridictions militaires.

L'usage des tribunaux militaires pour juger des civils, une pratique courante au Cameroun pour les affaires politiques sensibles, est souvent analysé en science politique comme un outil de contrôle vertical du pouvoir. Comme le dit un proverbe local, "quand le grand arbre tombe, les oiseaux qui s'y abritaient s'éparpillent ou se font capturer".

À ce jour, aucune charge officielle n'a été communiquée par les autorités sécuritaires de Yaoundé concernant le photographe Alpha. Le dossier devrait être examiné prochainement par le commissaire du gouvernement près le Tribunal militaire de Yaoundé.

Cette opacité sur les motifs de l'arrestation et les charges retenues alimente les inquiétudes des défenseurs des droits humains, qui y voient une stratégie d'intimidation visant à décourager toute forme de soutien à l'opposition.

L'affaire du photographe d'Issa Tchiroma illustre le climat de répression qui règne au Cameroun depuis l'élection présidentielle d'octobre 2025. De nombreux militants et collaborateurs d'opposants ont été arrêtés, souvent sans que les charges contre eux ne soient clairement établies.

La victoire contestée de Paul Biya, qui a été réélu pour un huitième mandat à l'âge de 92 ans, a été suivie d'une vague d'arrestations dans les rangs de l'opposition et de l'exil forcé de plusieurs figures politiques, dont Issa Tchiroma Bakary et Maurice Kamto.

Le cas d'Alpha sera scruté de près par les observateurs de la vie politique camerounaise et les organisations de défense des droits humains. Sa comparution devant le Tribunal militaire de Yaoundé devrait apporter des éclaircissements sur les charges retenues contre lui et sur les véritables raisons de son arrestation.

Pour l'heure, ce photographe qui a eu le tort de documenter la campagne électorale d'un opposant se trouve enfermé au SED, dans l'attente d'un procès dont l'issue semble déjà écrite dans un pays où la justice militaire est rarement clémente avec ceux qui sont perçus comme des adversaires du régime.

Source: www.camerounweb.com