Coup de théâtre dans la crise qui secoue la Fédération Camerounaise de Volleyball (FECAVOLLEY) depuis 2023. Le ministre des Sports et de l'Éducation physique (MINSEP), Narcisse Mouelle Kombi, a opposé samedi un refus catégorique au projet d'élections organisées par Bello Bourdanne dans les dix ligues régionales du pays. Cette décision, qui survient à quelques jours d'un remaniement ministériel attendu, met un coup d'arrêt brutal aux manœuvres de Bourdanne visant à régulariser sa position contestée auprès de la Fédération Internationale de Volleyball (FIVB). Une intervention ministérielle qui soulève des questions sur les motivations politiques derrière cette prise de position.
Des élections secrètes avortées in extremis
Bello Bourdanne avait lancé un processus électoral discret qu'il comptait mettre en œuvre ce samedi dans les dix ligues régionales du Cameroun. L'objectif affiché était de renforcer sa position fragilisée auprès de la FIVB en obtenant un procès-verbal qu'il devait signer à la fois comme président sortant et comme président entrant, une manœuvre jugée pour le moins inhabituelle dans le monde du sport.
Selon nos informations, ces élections devaient se dérouler de manière quasi clandestine, sans la publicité et la transparence habituellement requises pour ce type de scrutin dans les instances sportives. Mais le MINSEP, informé de cette initiative, a décidé d'y mettre un terme brutal, privant Bourdanne de l'opportunité de consolider artificiellement sa légitimité contestée.
Les raisons de cette intervention du MINSEP sont multiples, mais la principale motivation serait d'ordre politique. Narcisse Mouelle Kombi, à la veille d'un remaniement ministériel annoncé, ne voudrait plus être associé à cette affaire polémique qui traîne depuis 2023 et qui continue d'ternir l'image du sport camerounais sur la scène internationale.
La FIVB, instance suprême du volleyball mondial, remet en effet régulièrement en question la légitimité de Bello Bourdanne à la tête de la FECAVOLLEY. Pour un ministre soucieux de conserver son portefeuille dans le prochain gouvernement, s'enliser davantage dans cette controverse pourrait s'avérer politiquement coûteux. En bloquant les manœuvres de Bourdanne, le MINSEP envoie un signal fort tant à l'opinion nationale qu'aux instances internationales.
Une question de cohérence administrative
Une autre raison, plus institutionnelle celle-là, justifierait également la décision du ministre. En 2025, le MINSEP avait clairement signifié à Bello Bourdanne que le processus électoral devait être mené de manière uniforme dans toutes les fédérations sportives camerounaises, conformément aux normes et procédures établies.
Laisser Bourdanne poursuivre son initiative unilatérale, en dehors du cadre réglementaire défini, aurait constitué un désaveu de l'autorité ministérielle et créé un dangereux précédent pour les autres fédérations. Le MINSEP ne pouvait donc se dédire sans perdre toute crédibilité dans la gestion du mouvement sportif national.
Avec ce nouveau revers, la situation de Bello Bourdanne, qualifié par certains observateurs "d'usurpateur du titre de président", reste particulièrement tendue auprès de la FIVB. Le débat sur sa légitimité à diriger la FECAVOLLEY persiste au niveau international, et l'échec de ses élections clandestines ne fera qu'affaiblir davantage sa position.
La FIVB, qui observe de près l'évolution de cette crise camerounaise, pourrait être amenée à prendre des mesures plus radicales si la situation n'est pas régularisée dans les délais impartis. Le volleyball camerounais risque ainsi de payer le prix fort de cette instabilité chronique, avec des sanctions possibles allant de la suspension de la fédération à l'interdiction de participation aux compétitions internationales.
Quelle issue pour la FECAVOLLEY ?
Avec le blocage de ses manœuvres par le MINSEP, Bello Bourdanne se retrouve dans une impasse. Sa stratégie visant à imposer un fait accompli à la FIVB par le biais d'élections régionales contrôlées a échoué. La question qui se pose désormais est de savoir comment sortir la FECAVOLLEY de cette crise qui perdure depuis près de trois ans.
Le MINSEP, en reprenant la main sur le dossier, pourrait être amené à proposer une solution globale impliquant l'organisation d'élections véritablement transparentes et conformes aux standards internationaux, sous la supervision d'observateurs indépendants et avec l'aval de la FIVB. C'est à ce prix que le volleyball camerounais pourra retrouver la sérénité et la crédibilité nécessaires à son développement.
En attendant, les acteurs du volleyball national, athlètes, entraîneurs et supporters, restent les otages d'une crise de gouvernance qui n'en finit pas et dont l'issue demeure incertaine. Le prochain remaniement ministériel pourrait d'ailleurs redistribuer les cartes et ouvrir de nouvelles perspectives pour la résolution de ce conflit qui empoisonne le sport camerounais.