Mireille Fomekong Ayangma, pour ce qu’elle représente, est beaucoup suivie par les Camerounais. L’entrepreneure est une figure majeure du secteur de la communication et du marketing en Afrique francophone. Le harcèlement sur les réseaux sociaux, dit-elle dans une sortie largement relayée, « conduit ou amplifie la dépression. Parfois, il tue ». Découvrons le contenu de son appel au changement de comportement.
Quand vous relayez des mensonges sur la vie des gens, vous harcelez. Quand vous commentez, partagez, vous amusez de récits fabriqués par des menteurs d’alerte, vous devenez complices. Complices de la souffrance. Complices de la dépression. Complices parfois de l’irréparable.
La mort récente de cette actrice sénégalaise m’a profondément bouleversée. Et certains messages de « soutien » m’ont horrifiée. Car ils prolongent ce qui détruit : le harcèlement. N’attendez pas que les gens meurent pour découvrir l’empathie. Essayez, une seule fois, de vous mettre à la place des victimes. A la place de leurs familles. Parler de soi est difficile.
Mais je n’ai pas honte aujourd’hui de dire que je suis en psychothérapie depuis une agression brutale subie à Paris il y a trois ans. L’épreuve la plus douloureuse de ma vie. Mon époux, ma famille et moi avons choisi d’y faire face en silence, avec dignité. Nous croyions. C’était sans compter avec la méchanceté humaine et surtout celle de l’époque avec cette chose toxique appelée menteurs d’alertes.
On ne condamne pas en France quelqu’un à 15 ans de prison avec expulsion définitive du territoire pour une agression banale. La justice française a fait son travail. Mais les réseaux sociaux camerounais, eux, ont fait le contraire. Je poursuis devant la justice française Boris Bertolt. Le principal artisan et maitre d’œuvre de cette agression virtuelle.
Deux ans après mon agression en effet, des personnes malveillantes (aidées par d’autres que je croyais être des amis) ont diffusé via Boris Bertolt et un avatar proche du régime des photos de mon agression, pourtant pièces à conviction judiciaires, avec un récit mensonger destiné à détruire ma famille. Un mensonge plus cruel. Plus voyeuriste. Plus destructeur.
Cette violence m’a fait rechuter. Je souris sur les photos, mais derrière il y a les insomnies. La dépression. Le combat quotidien. Je me bats grâce principalement à mon époux, Protais Ayangma. À mes médecins, je rends hommage à ma psychiatre basée à Paris et commise par le tribunal de Paris, au Dr Moto Éric, au Dr Philippe Ngandeu, au Dr Alice Tsitsol Badang tous basés au Cameroun. Pour leur soutien et leur accompagnement. À mes enfants. À ma maman. À mes frères et sœurs particulièrement à Éric Fomekong en Bretagne, mon petit frère et fils sans lequel je n’aurai pas tenu.
À quelques soutiens et amis fidèles. Je ne veux ni pitié, ni fausse compassion. Je vous demande simplement d’être humains. Les réseaux sociaux ne doivent pas nous faire perdre notre empathie, notre humanité, notre sens des limites. Aujourd’hui, je publie moi-même ces photos terribles que j’ai voulu protéger, comme un acte thérapeutique. Pour dire à ceux qui m’ont voulu à terre qu’ils ne gagneront jamais.
Pardon à mon époux, à ma maman, et à mon frère Éric Fomekong Nyam, mon pilier dans cette épreuve. Je sais que vous n’approuverez pas. Mais, cette publication fait aussi partie de ma reconstruction.