EXCLUSIF - SCANDALE AU PORT DE DOUALA : Le général Amougou Emmanuel tranche en faveur de l'éviction de SGS

Amougou Emmanuel Cccc Image illustrative

Wed, 28 Jan 2026 Source: www.camerounweb.com

YAOUNDÉ - Un document confidentiel obtenu par notre rédaction révèle l'implication directe du sommet de l'État dans la bataille qui oppose deux géants du scanning portuaire au Cameroun. Le général de division aérienne Amougou Emmanuel, Chef d'État-Major Particulier du Président de la République, a tranché le contentieux opposant le ministère des Finances au Port autonome de Douala.

Dans une correspondance classée "confidentiel" portant la référence n°260453/LE/EMP/PR et datée du 26 janvier 2026, le général Amougou Emmanuel informe le ministre des Finances Louis Paul Motazé d'une décision sans appel : "la société SGS quitte définitivement l'emprise portuaire du Port Autonome de Douala, afin d'éviter le sabotage du travail de la société TRANSATLANTIC D. SA".

Le document précise que cette instruction fait suite à une proposition soumise au Chef de l'État, Chef des Forces Armées, qui y a apposé son "Oui" sans équivoque.

Ce bras de fer administratif oppose depuis début janvier 2026 le directeur général du PAD, Cyrus Ngo'o, fervent défenseur du nouveau prestataire Transatlantic D SA, et le ministre des Finances Louis Paul Motazé, qui exigeait dans une lettre du 29 décembre 2025 le maintien de SGS, en poste depuis 2015.

Selon nos informations, la situation avait créé un véritable imbroglio administratif avec un système de double facturation : certaines administrations continuant d'utiliser l'ancien système SGS tandis que le PAD imposait le paiement à Transatlantic D SA depuis le 2 janvier 2026.

Le 21 janvier 2026, le secrétaire général de la présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh, avait convoqué une réunion d'urgence relative aux "difficultés liées au scanning des marchandises au port autonome de Douala". C'est manifestement à l'issue de cette concertation que l'arbitrage présidentiel a été sollicité et obtenu.

Des accusations de mafia portuaire

La mention "sabotage du travail" utilisée dans le document présidentiel et la nécessité d'un arbitrage au plus haut niveau soulèvent de graves questions sur les enjeux financiers et les réseaux d'influence à l'œuvre dans cette bataille commerciale.

Le scanning des marchandises au port de Douala représente un marché juteux : Transatlantic D SA revendique avoir scanné 2 856 conteneurs en seulement dix jours d'activité (2-12 janvier 2026), avec 2 455 inspections validées.

Le contrat ne se limite plus, comme avec SGS, au scanning des conteneurs, mais couvre désormais "toutes les marchandises passant par le port, tant à l'importation qu'à l'exportation", dans le cadre d'une politique de 100% scanning.

Pour Louis Paul Motazé, cet arbitrage présidentiel constitue un camouflet cuisant. Le ministre, qui avait expressément instruit la Direction générale des douanes et tous les services du Minfi de maintenir SGS, se voit contraint d'appliquer une décision contraire émanant directement du Chef de l'État.

Le document est copié pour exécution au MINDEF (ministère de la Défense), au MINT (ministère des Territoires), à la DG/PAD et au CT/PRC (Contrôle technique de la présidence).

Source: www.camerounweb.com