REMANIEMENT : Le Port Autonome de Douala, nouveau théâtre de la guerre de clans

Joseph Dion Ngute Et Ferdinand Ngoh Nogh L'heure est donc à l'observation de la réaction du Port autonome

Fri, 30 Jan 2026 Source: www.camerounweb.com

LA réunion de haut niveau tenue le jeudi 29 janvier à la primature sous la direction du Joseph Dion Ngute reflète la grave crise institutionnelle qui secoue le gouvernement avec cette dite de "Scanning" au Port Autonome de Douala où le ministre secrétaire général de la Présidence Ferdinand Ngoh Ngoh et son clan font feu de tout bois obtenir la résiliation du contre de la Société générale de surveillance (SGS) au profit d'un nouvel opérateur, Transatlantic.

AFFAIRE SCANNING : DUEL DES « HAUTES INSTRUCTIONS » ; LE SGPR ANNONCE LE REMPLACEMENT DE LA SGS, LE PREMIER MINISTRE DIT NIET.

L'enceinte de l'immeuble Étoile à Yaoundé a été le théâtre, ce jeudi 29 janvier, d'un arbitrage qui fera date dans les annales de l'administration publique camerounaise. En sommant la direction du Port autonome de Douala (PAD) de maintenir ses relations contractuelles avec la Société générale de surveillance (SGS), le Premier ministre Joseph Dion Ngute vient d'ouvrir un nouveau chapitre de ce qui ressemble désormais à une crise de gouvernance au sommet de l'État. Cette décision, bien que présentée comme un rappel à la légalité contractuelle, entre en collision frontale avec les directives diffusées seulement sept jours plus tôt par la présidence. Pour comprendre l'ampleur de ce séisme administratif, il faut revenir sur les faits qui se sont enchaînés avec une rapidité déconcertante.

Le 22 janvier dernier, une réunion stratégique s'est tenue au secrétariat général de la présidence de la République. Sous l'égide du conseiller technique Jean Mauger Ayem, il avait été signifié au directeur général du PAD que l'heure était au changement. Selon les comptes rendus de cette séance, des instructions présentées comme émanant directement du chef de l'État validaient le remplacement de la SGS par un nouvel opérateur, Transatlantic.

Cette transition semblait alors irréversible, marquant la fin d'une ère pour le scanning au port de Douala. Cependant, la réunion de ce jeudi à la Primature vient radicalement inverser la vapeur. Face à toutes les parties prenantes du dossier, Joseph Dion Ngute a martelé une position de droit : le contrat de scanning est une convention signée avec le gouvernement dans son ensemble. Selon l'analyse du Premier ministre, le Port autonome de Douala, malgré son autonomie de gestion, n'a pas la compétence juridique pour rompre ou modifier un engagement de cette nature sans une procédure gouvernementale coordonnée. En ordonnant le maintien de la SGS, le chef du gouvernement réaffirme la primauté de l'État signataire sur les velléités de changement manifestées au niveau de la gestion portuaire. Cette situation crée un paradoxe institutionnel inédit. Les acteurs du commerce extérieur, les transitaires et les armateurs se retrouvent aujourd'hui face à deux injonctions contradictoires provenant des deux plus hautes instances du pouvoir exécutif. D'un côté, le Secrétariat général de la présidence de la République pousse pour l'installation de Transatlantic en invoquant l'autorité présidentielle. De l'autre, la Primature exige le statu quo avec la SGS en invoquant la hiérarchie des normes contractuelles et la responsabilité du gouvernement. Au-delà de la bataille juridique, les enjeux économiques sont colossaux.

Le scanning des marchandises est un maillon critique qui garantit non seulement la sécurité des cargaisons entrant sur le territoire, mais aussi la justesse des recettes douanières perçues par le Trésor public. Un flottement dans le choix de l'opérateur, ou pire, une cohabitation forcée ou un blocage technique, pourrait entraîner une congestion massive des terminaux, une augmentation des coûts de passage portuaire et une dégradation de la note du Cameroun dans les classements internationaux de performance logistique. L'affaire du scanning au PAD dépasse désormais le cadre d'un simple renouvellement de prestataire technique. Elle soulève des questions fondamentales sur la coordination de l'action publique et la sécurité des investissements au Cameroun. Si une instruction présidentielle peut être contredite par une décision de la Primature en l'espace d'une semaine, c'est toute la visibilité des opérateurs économiques qui s'en trouve brouillée. L'heure est donc à l'observation de la réaction du Port autonome. Coincé entre l'enclume des instructions de la présidence et le marteau des sommations de la primature, le top management du PAD devra naviguer avec une prudence extrême.

Source: www.camerounweb.com