C'est l'une des affaires du moment, Ferdinand Ngoh Ngoh et Louis Paul Motaze en froid pour une affaire de plusieurs milliards de francs CFA. L'un et l'autre se battent pour imposer leur choix au port de Douala.
Dans cette bataille qui prend l'allure d'une guerre, dont le sujet est le scanning audit, nous avons pu mettre la main sur le contrat entre SGS et l'État. Le ministre des Transports, Ngalle Bibehe, souligne : « Le problème vient d'un contrat signé en 2015. Ce contrat a une durée de dix ans ».
Mais à l'intérieur de ce contrat, poursuit-il, il est prévu que la mise en exploitation effective débute quand on a installé le quatrième scanner. Ce quatrième scanner ayant été installé en 2022, c'est la date à partir de laquelle on peut compter les dix ans. Donc, le contrat court jusqu'en 2032.
Or, le port autonome de Douala « estime que ce contrat est parvenu à terme. D'où le problème. Le Premier ministre a donc décidé qu'en conformité avec la loi, le contrat signé par le gouvernement doit être résilié par le gouvernement. La deuxième chose, quand bien même il y aurait une modification à apporter, par exemple, intégrer un autre opérateur, en l'occurrence la société Transatlantic, il ne revient pas au port autonome de Douala de signer avec un autre opérateur, mais de porter ces desiderata à sa tutelle technique et tutelle financière qui les répercuteront au Premier ministre qui apposerait son visa. Donc, le port n'avait pas à signer un nouveau contrat avec Transatlantic », fait savoir Bibehe.
Aussi, le problème est que le quatrième scanner devait être installé au 31 décembre 2015 tel que le stipule le contrat en annexe 3 où il est écrit : « Installation et mise en service des 4 scanners au port de Douala au plus tard le 31 décembre 2015. À condition que le gouvernement ait mis les espaces nécessaires à disposition de la SGS au plus tard le 30 juin et ait rempli ses obligations figurant à l'article 5 du contrat, relative au port de Douala ».
Ainsi, si on suit la logique, résume le confrère Boris Bertolt, « il apparaît que la SGS n'a pas respecté les termes du contrat conclu avec l'État pendant 7 ans. Problème, le gouvernement est formel. Même en cas de non-respect du contrat, il ne revenait pas au directeur général du port de Douala, Cyrus Ngo'o de le rompre ».
Cette affaire, comme nous l'avions déjà révélé, oppose en arrière-plan deux clans : celui de Ferdinand Ngoh Ngoh et l'autre de Louis Paul Motaze. Plusieurs milliards de francs CFA sont en jeu et celui qui contrôle le port contrôle quasiment le pays. Le pouvoir est passé par-là.