Martin Savom, un homme dont le nom revient souvent dans l'enquête destinée à trouver les coupables de la mort du journaliste Martinez Zogo, de son nom d'emprunt. À quel point Savom est-il mouillé dans l'affaire et que lui reproche-t-on. Des détails livrés par le lanceur d'alerte Paul Chouta qui a mis la main sur des documents confidentiels.
Martin Savom, l'homme de l'ombre et la seconde opération. L'ex-maire de Bibey a été désigné formellement par un certain Ekassi, dont le témoignage à la barre du tribunal militaire le 22 novembre dernier a résonné comme un couperet.
Le rôle de Martin Savom apparaît comme central et terrifiant dans les relevés téléphoniques. La trace indélébile. Contrairement à ses dénégations, l'historique du téléphone de Martinez Zogo montre que le journaliste a appelé Martin Savom sur son numéro personnel juste avant sa mort.
L'instruction révèle que la nuit de l'assassinat, Martin Savom a effectué un retrait d'argent à un distributeur près de l'hôtel de ville de Yaoundé pour que Justin Danwe (le chef du commando ayant torturé et tué la victime, ndlr) puisse payer les membres du commando.
Selon les données de géolocalisation, Martin Savom aurait coordonné avec Danwe l'opération en utilisant le même commando, la seconde opération à Ebogo, celle qui a achevé le journaliste alors que la première opération effectuée par la même équipe l'avait laissé en vie après lui avoir infligé des sévices corporels inhumains et barbares.
La suite, tout le monde la connait, le 19 décembre 2023, Stéphane Martin Savom, par ailleurs membre du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) et homme proche de Ferdinand Ngoh Ngoh, a été mis en détention provisoire par Nzié Pierrot Narcisse, magistrat commis à cette affaire. Tout indique que Savom ne sortira pas d'affaire de sitôt. Des sources au niveau de la justice signalement même qu'il est « foutu ».