SÉRAIL : "Il faut savoir partir" - Ferdinand Ngoh Ngoh au cœur d'un appel au départ

President Paul Biya Ngoh Chantal Image illustrative

Mon, 2 Feb 2026 Source: www.camerounweb.com

Dans son édition du 5 décembre 2025, le journal Première Heure publie une Une explosive consacrée au Secrétaire Général de la Présidence de la République. Le titre sans équivoque interpelle : "Il faut savoir partir". Analyse d'une prise de position qui fait débat.

"La république le déteste, le peuple camerounais a voté pour son limogeage, Paul Biya ne le reçoit plus, et ne l'a pas reçu le 07 décembre dernier." C'est en ces termes que l'hebdomadaire Première Heure résume la situation de Ferdinand Ngoh Ngoh, l'homme fort du Sérail camerounais. Dans un contexte politique tendu, le journal met en avant l'isolement croissant du Ministre d'État, Secrétaire Général de la Présidence de la République, figure centrale du pouvoir exécutif depuis de nombreuses années. Cette prise de position éditoriale intervient dans un climat marqué par des accusations de mauvaise gouvernance et de gestion opaque des marchés publics, notamment l'affaire récente des lampadaires à 21,4 milliards de FCFA qui a défrayé la chronique.

Selon le journal, conscient de la situation critique dans laquelle il se trouve, Ferdinand Ngoh Ngoh aurait lancé un appel à la jeunesse africaine pour venir à son secours. Une démarche qualifiée de désespérée par l'hebdomadaire qui évoque également des tensions avec le Département du Contrôle Supérieur de l'État (DCC), l'organe de contrôle des finances publiques rattaché à la Présidence. "On accuse le DCC/ adjoint qui n'en sait rien", indique le journal, suggérant que des responsabilités seraient détournées ou que des boucs émissaires seraient recherchés pour couvrir certaines défaillances dans la gestion de l'administration présidentielle.

Le titre "L'homme à la punk doit partir" reflète une position éditoriale tranchée du journal, qui estime que le maintien de Ferdinand Ngoh Ngoh à son poste serait préjudiciable à la bonne marche des institutions. Cette publication intervient dans un contexte où plusieurs dossiers sensibles impliquant des décisions prises au niveau de la Présidence font l'objet de vives critiques dans l'opinion publique. Le recours systématique au gré à gré pour des marchés de plusieurs dizaines de milliards, la centralisation excessive du pouvoir décisionnel, et l'opacité dans la gestion des fonds publics sont autant d'éléments qui alimentent les appels au changement à la tête du Secrétariat Général de la Présidence.

Au-delà de la personne de Ferdinand Ngoh Ngoh, cette Une de Première Heure pose la question plus large de la gouvernance au sommet de l'État camerounais. Dans un pays où les remaniements ministériels sont rares et où la longévité aux postes de responsabilité est souvent perçue comme un gage de stabilité, l'appel au départ d'une figure aussi centrale du pouvoir constitue un signal politique fort. Reste à savoir si cette prise de position journalistique trouvera un écho au sein du Palais de l'Unité, où les décisions ultimes se prennent loin des tumultes de l'opinion publique.

Source: www.camerounweb.com