Crise au Port Autonome de Douala : Bruno Bidjang se jette dans la bataille

LOUIS PAUL MOTAZE BRUNO BIDJANG 'Le refus de l’examen comme aveu de faiblesse'

Wed, 4 Feb 2026 Source: www.camerounweb.com

Dans un courrier en date du 02 février 2026, le Port Autonome de Douala a convié la Société Générale de Surveillance (SGS) à une séance de travail prévue le mercredi 04 février 2026. En réponse à ce courrier, la SGS a sollicité « le recadrage de la séance de travail projetée, dont l’ordre du jour sera limité exclusivement à un point unique, à savoir : l’organisation pratique de la reprise par SGS des opérations de scanning des marchandises au Port de Douala-Bonabéri. ».

Cette position de la SGS fait réagir le journaliste Bruno Bidjang qui se dit stupéfait par la réponse de Patricia Nzondjou

SGS au Port de Douala : le refus de l’examen comme aveu de faiblesse

Je viens de tomber sur cette lettre-réponse signée par Patricia Nzondjou, Directrice générale de SGS Cameroun, adressée au Directeur général du Port Autonome de Douala, et je vous avoue que je suis stupéfait.

Stupéfait par le ton, stupéfait par la posture, stupéfait surtout par ce que cette lettre révèle, malgré elle. Car cette correspondance n’est pas une réponse. C’est une manœuvre de contournement, une tentative de dessaisissement institutionnel, un refus ferme d’entrer dans l’examen que toute entreprise opérant sur le domaine public devrait pourtant accepter sans trembler.

Quand le Port exerce, SGS se dérobe

La lettre du Directeur général du Port Autonome de Douala est claire, précise et juridiquement fondée. Elle s’inscrit dans l’exécution directe des hautes prescriptions du Premier ministre, Chef du Gouvernement. Elle convoque SGS à une réunion présidée personnellement par le DG du Port, avec un ordre du jour limpide : autorisation d’exercer, occupation du domaine public, sécurité, coûts logistiques, impact sur la fluidité portuaire, hypothèses de collaboration avec d’autres opérateurs.

Rien d’illégal. Rien d’abusif. Rien qui sorte des prérogatives normales d’une autorité portuaire.

Et pourtant, face à cet exercice normal de gouvernance, SGS choisit la fuite : elle récuse les points, conteste la compétence du Port et renvoie l’essentiel des discussions au Gouvernement, comme si le Port Autonome de Douala n’était qu’un simple gestionnaire de quai sans droit de regard. C’est une erreur grave.

Le précédent que certains semblent avoir oublié

Le Port de Douala a déjà connu ce type de bras de fer. Pendant des années, un opérateur historique s’est comporté comme si sa présence au port était un droit acquis, intangible, au-dessus de toute remise en question. Il refusait l’examen, contestait l’autorité locale, et brandissait ses réseaux comme une protection. En 2019, lorsque l’État camerounais a décidé de reprendre la maîtrise de son port, cet opérateur a été contraint de quitter les lieux. Non pas dans le chaos, mais dans l’ordre institutionnel. Le Port ne s’est pas effondré. Il s’est relevé. Il a démontré que la souveraineté n’est pas négociable et que la concession n’est jamais synonyme d’intouchabilité. Ce précédent n’est pas un détail. C’est un signal.

Le vieux réflexe de l’arrogance concessionnaire

La posture adoptée aujourd’hui par SGS ressemble dangereusement à ce vieux réflexe : celui qui consiste à croire que l’on peut opérer durablement sur le domaine public tout en refusant le regard de l’autorité concédante. Mais le Port Autonome de Douala n’intimide pas. Il régule. Il évalue. Il protège l’intérêt général. Et toute entreprise qui refuse cet exercice se place, de facto, en porte-à-faux.

Le droit comme écran de fumée

En invoquant sélectivement le droit pour éviter le débat, SGS ne se protège pas : elle s’expose. Car le droit n’est pas un écran derrière lequel on se cache lorsque les questions deviennent précises. Le droit est un cadre dans lequel on accepte de rendre des comptes.

Refuser de discuter :

– de l’impact réel du scanning sur les délais portuaires,

– des coûts supportés par la Régie du Terminal,

– des conditions d’occupation du domaine public,

– des systèmes d’information et de sécurité,

– des relations avec d’autres opérateurs,

ce n’est pas défendre la légalité. C’est refuser la transparence. Une vérité simple, mais fondamentale.

Dans toute gouvernance sérieuse, une règle s’impose : celui qui n’a rien à cacher ne redoute pas l’examen.

Le Port Autonome de Douala n’est pas un décor

Il est une autorité stratégique, au cœur de la souveraineté économique du Cameroun.

L’épisode de 2019 l’a montré : lorsque l’intérêt national est en jeu, aucune entreprise n’est au-dessus de l’institution.

Bruno François BIDJANG

Source: www.camerounweb.com