Face à une dette cumulée de plus de 88 milliards de FCFA au 31 décembre 2025 dans la région du Centre, la CNPS sollicite l'appui des forces de sécurité pour une "campagne de recouvrement forcé" auprès des employeurs débiteurs. Une méthode jugée disproportionnée et contre-productive par les acteurs économiques, qui dénoncent une approche coercitive susceptible d'asphyxier des entreprises déjà fragilisées et de transformer le climat des affaires en terrain d'affrontement.
Voilà la CNPS qui veut employer la brut@lité sur les entreprises
Dans cette correspondance datée du 03 février 2026, adressée par le Directeur Régional de la CNPS pour le Centre, le Sud et l’Est au Gouverneur de la Région du Centre, l'auteur demande la mise à disposition des forces de sécurité pour accompagner une "campagne de recouvrement forcé" des cotisations sociales auprès des employeurs débiteurs.
Selon ce courrier, la dette cumulée des employeurs dans la seule région du Centre s'élève à 88 164 476 605 FCFA au 31 décembre 2025.
Il est nécessaire de dénoncer avec force la méthode employée dans cette correspondance pour plusieurs raisons :
L'Usage disproportionné de la force : Envoyer des forces de sécurité (police ou gendarmerie) dans des entreprises pour des recouvrements de dettes est une méthode d'une brutalité extrême. Cela s'apparente à une forme d'intimidation qui peut traumatiser les employés et ternir irrémédiablement l'image des entreprises ciblées.
Risque d'asphyxie économique : En pleine période de crise, un recouvrement forcé et brutal sans tenir compte de la santé financière des structures risque de provoquer des faillites en cascade et, paradoxalement, d'augmenter le chômage, ce qui est contraire à la mission même de la CNPS.
Absence de nuances : Le document ne distingue pas les "fraudeurs" de ceux qui traversent des difficultés réelles. Traiter l'ensemble des employeurs débiteurs par le prisme de la répression sécuritaire est un aveu d'impuissance administrative.
Une gestion "par le muscle" : La sécurité publique ne devrait pas servir de bras armé pour pallier les défaillances de recouvrement d'un organisme public. C'est une dérive autoritaire de la gestion administrative qui privilégie la coercition sur la concertation.
Bien que la protection des droits des retraités soit primordiale, la méthode de la "politique du fusil" pour remplir les caisses sociales est inacceptable dans un État de droit. La CNPS devrait privilégier des audits transparents et des plans de redressement plutôt que de transformer le climat des affaires en zone de conflit