Dans une révélation exclusive à Jeune Afrique, Samuel Hiram Iyodi a dévoilé un résultat passé totalement inaperçu de la présidentielle du 12 décembre 2025 : sa victoire dans le village de Tello, à Belel, dans le département de la Vina en Adamaoua. Un exploit qui illustre paradoxalement les limites de sa campagne et trace la voie pour son avenir politique.
"Imaginez-vous que nous sommes sortis victorieux à Tello, un petit village de Belel, dans le département de la Vina, en Adamaoua", confie-t-il à Jeune Afrique. Cette performance locale, perdue dans l'océan d'un score national de 0,40 %, révèle pourtant une vérité politique essentielle : le contact direct avec les populations fonctionne.
Selon les informations recueillies par Jeune Afrique, Tello est l'une des rares localités où Hiram Iyodi a eu la possibilité de rencontrer toutes les couches de la population, "des chefs traditionnels aux petits enfants". Cette immersion totale, contrairement aux meetings éclairs ou aux tournées médiatiques privilégiées par d'autres candidats, a porté ses fruits.
"Cela montre que si nous avions eu un peu plus de temps, et surtout en nous concentrant sur le terrain, nous aurions pu faire mieux", analyse-t-il avec Jeune Afrique. Une conclusion qui résonne comme un acte d'accusation contre la stratégie de campagne initiale du candidat, visiblement trop axée sur la communication et pas assez sur l'ancrage territorial.
Jeune Afrique révèle qu'avec seulement 18 828 suffrages exprimés en sa faveur pour une 8e place, Hiram Iyodi n'a pas atteint le seuil minimum de 5 % donnant droit au remboursement des 30 millions de francs CFA de caution électorale. Seuls deux candidats ont franchi ce seuil lors du scrutin.
"On a été déçu du résultat mais on sait qu'on n'a pas tout perdu", relativise-t-il auprès de Jeune Afrique. Le jeune ingénieur reconnaît les limites de son ambition initiale : "Si nous ne nous faisions pas de doutes sur notre capacité à conquérir la majorité des suffrages en raison du temps relativement court dont nous disposions, nous y avons mis toute notre énergie."
Fort de cette expérience, Jeune Afrique apprend que Hiram Iyodi a radicalement réorienté sa stratégie. De retour au sein de son parti, le Mouvement patriotique pour la prospérité du peuple (MP3), après son alliance circonstancielle avec le Front des démocrates camerounais (FDC), il s'attelle désormais à l'implantation de sa formation sur le terrain.
"Les électeurs doivent faire une association mentale entre le candidat à la présidentielle et son parti politique", précise-t-il à Jeune Afrique en tant que secrétaire général du MP3, créé en 2018. "Ce n'est que de cette manière que nous allons nous inscrire dans la tête des Camerounais sur la durée."
L'aventure avec le FDC s'est achevée de manière rocambolesque, révèle Jeune Afrique. Denis Emilien Atangana, leader du FDC, a pris à partie son ancien porte-étendard dans les médias, l'accusant d'avoir commis des "erreurs de jeunesse".
Pour Hiram Iyodi, il s'agissait surtout d'une divergence idéologique, son équipe de campagne ayant refusé de reconnaître la victoire de Paul Biya comme le souhaitait le FDC, rapporte Jeune Afrique. Une ligne rouge que le jeune candidat n'était pas prêt à franchir, au prix de la rupture.
De l'Anonymat à la Célébrité Locale
La transformation est spectaculaire. Jeune Afrique rapporte qu'illustre inconnu avant la présidentielle d'octobre dernier, Samuel Hiram Iyodi ne passe désormais plus inaperçu. Le 25 janvier, au stade Mbappé Leppé de Douala où il assistait à une rencontre de championnat de football Élite 1, l'ancien candidat s'est retrouvé rapidement entouré par une foule de curieux, désireux de lui serrer la main.
"Ma vie a repris son cours normal, mes activités également mais mon quotidien n'est plus le même", confie-t-il à Jeune Afrique dans les bureaux de son entreprise, dans la zone industrielle de Douala-Bonabéri.
L'homme qui a gagné à Tello compte bien transformer cet essai lors des prochaines échéances électorales. En misant cette fois sur ce qui a fonctionné : le terrain, l'écoute, et la proximité avec les populations.