CEMAC: mauvaise nouvelle pour Paul Biya et ses pairs

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Sat, 7 Feb 2026 Source: www.camerounweb.com

La Communauté Économique et Monétaire de l'Afrique Centrale (CEMAC) traverse une crise financière sans précédent. Dans une note circulaire datée du 5 février 2026, le président de la Commission, Baltasar Engonga, a annoncé la suspension provisoire de l'ensemble des activités de l'institution sous-régionale, en raison d'une trésorerie au plus bas.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes : selon les rapports réguliers des agents comptables de la Commission, le niveau de trésorerie a atteint un seuil critique, rendant impossible le fonctionnement normal des institutions communautaires. Cette dégradation continue des finances met en péril les missions essentielles de la CEMAC, qui regroupe six pays d'Afrique centrale : le Cameroun, le Tchad, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale et la Centrafrique.

Face à cette situation alarmante, plusieurs initiatives avaient été lancées pour redresser la barre. Le Conseil des ministres de l'Union Économique de l'Afrique Centrale (UEAC) avait donné des instructions claires pour améliorer le recouvrement des contributions des États membres.

Une mission circulaire avait même été menée par le vice-président de la Commission dans plusieurs capitales de la sous-région. Objectif : sensibiliser les États membres sur l'urgence de la situation et les inciter à s'acquitter de leurs obligations financières, notamment la Taxe Communautaire d'Intégration (TCI).

Malheureusement, les résultats escomptés se font toujours attendre, plongeant l'institution dans une impasse budgétaire.

Suspension de toutes les activités non essentielles

Devant l'urgence de la situation qualifiée de "plus que préoccupante" par la présidence de la Commission, une décision radicale s'est imposée : la suspension provisoire de l'ensemble des activités et missions de la CEMAC.

Seules les actions jugées "à caractère hautement stratégique" bénéficieront d'une dérogation et pourront être maintenues. Cette mesure conservatoire vise à préserver le peu de ressources disponibles en attendant une amélioration substantielle du recouvrement de la TCI.

Cette paralysie institutionnelle constitue un sérieux revers pour l'intégration économique et monétaire en Afrique centrale. La CEMAC joue en effet un rôle crucial dans l'harmonisation des politiques économiques, la libre circulation des personnes et des biens, ainsi que la convergence macroéconomique entre les États membres.

La suspension de ses activités soulève également des interrogations sur la volonté politique réelle des États membres à financer les institutions communes qu'ils ont eux-mêmes créées. Le non-paiement ou le retard dans le versement des contributions nationales fragilise dangereusement l'édifice communautaire.

Quelle issue à la crise ?

Tout dépendra désormais de la réactivité des États membres. Sans un effort collectif et immédiat pour renflouer les caisses de la Commission via le paiement de la Taxe Communautaire d'Intégration, la CEMAC risque une paralysie prolongée, avec des conséquences potentiellement désastreuses pour les projets d'intégration sous-régionale.

La balle est dans le camp des chefs d'État et de gouvernement de la zone CEMAC, qui devront trancher entre la poursuite du projet d'intégration régionale et le laisser-aller qui pourrait conduire à l'implosion de l'une des principales organisations d'intégration économique du continent.

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