SCANDALE À 12 MILLIARDS : Comment Amougou Belinga pille le Trésor public depuis sa cellule de Kondengui

Decision Amougou Belinga Image illustrative

Sat, 7 Feb 2026 Source: www.camerounweb.com

Emprisonné pour son implication présumée dans l'assassinat du journaliste Martinez Zogo, le patron de Vision 4, Amougou Belinga, continue de siphonner les caisses de l'État avec la complicité présumée du ministre des Finances, Louis Paul Motaze. Des documents révèlent un détournement de 12 milliards de FCFA orchestré depuis la prison principale de Kondengui.

L'audace n'a décidément pas de limites. Alors que la justice camerounaise le poursuit pour des faits criminels, Amougou Belinga et sa "coterie" viennent de s'approprier frauduleusement 12 milliards de FCFA du Trésor public, selon des documents parvenus à la rédaction.

Le mécanisme du pillage est d'une simplicité déconcertante, mais d'une efficacité redoutable. Vision Finance, l'établissement d'Amougou Belinga, devait 80 millions de FCFA à la Société de Recouvrement des Créances (SRC). Cette somme a été remboursée sans difficulté.

Mais c'est la suite qui relève de l'escroquerie caractérisée : un bon de 12 milliards de FCFA devait être payé par le Trésor public à Vision Finance. La coterie d'Amougou Belinga a fabriqué un faux bon du même montant sous un prête-nom, celui de Ngoumou Richard Basile. Résultat : le bon a été payé deux fois, permettant au "Zomloa" d'empocher 12 milliards de FCFA, à raison d'un milliard par semaine.

Louis Paul Motaze, le complice de l'ombre ?

Comment une telle fraude peut-elle passer inaperçue au ministère des Finances ? La question embarrasse. Le nom de Louis Paul Motaze, ministre des Finances depuis des années, revient avec insistance dans cette affaire.

L'inamovible locataire de l'immeuble étoile aurait-il fermé les yeux sur ce double paiement ? Aurait-il même facilité l'opération ? Les zones d'ombre sont nombreuses, mais une certitude demeure : un tel détournement ne peut se réaliser sans complicités au plus haut niveau de l'appareil financier de l'État.

Une fortune qui ne tarit jamais

La question brûle toutes les lèvres : comment un détenu, poursuivi pour des faits aussi graves, peut-il continuer à manipuler de telles fortunes depuis sa cellule ?

La réponse est un secret de Polichinelle : les réseaux d'Amougou Belinga, restés très actifs, continuent de piller la fortune publique au vu et au su de tous. Le magnat autoproclamé de la presse n'a jamais bâti son empire à la sueur de son front, mais en vidant méthodiquement les poches du contribuable camerounais.

Alors que l'opinion pensait ses affaires en déclin après son incarcération, force est de constater que le robinet du Trésor public coule toujours à flots pour le patron de Vision 4.

Pendant que la population camerounaise subit les rigueurs d'une économie difficile, que les fonctionnaires attendent désespérément leurs salaires, que les hôpitaux manquent de médicaments et que les routes se dégradent faute d'entretien, 12 milliards de FCFA sont détournés en quelques semaines pour enrichir un homme incarcéré et ses complices.

Ce pillage organisé du Trésor public pose une question fondamentale sur la gouvernance financière du Cameroun. Comment l'État peut-il lutter efficacement contre la corruption quand les mécanismes de contrôle semblent totalement défaillants, voire complices ?

Ce nouveau scandale illustre la faillite des mécanismes de contrôle censés protéger les deniers publics. Comment un bon peut-il être payé deux fois sans qu'aucune alarme ne se déclenche ? Comment des transferts d'un milliard par semaine peuvent-ils s'effectuer sans éveiller les soupçons ?

L'affaire Amougou Belinga révèle l'existence d'un système rodé de prédation des ressources publiques, où les barrières censées protéger le Trésor public semblent n'être que du papier mâché face à des réseaux bien organisés et protégés.

"Pas étonnant que ce monsieur continue de tenir la République en laisse avec autant de liquidités en sa possession", constate amèrement un observateur. En effet, avec de tels moyens financiers, Amougou Belinga peut s'offrir les meilleurs avocats, arroser qui il veut, et continuer à peser sur le cours des événements malgré les barreaux de Kondengui.

Cette affaire soulève une interrogation vertigineuse : qui gouverne réellement le Cameroun ? Les institutions légales ou les réseaux occultes de prédateurs qui se sont approprié l'appareil d'État ?

Source: www.camerounweb.com