Remaniement: la grande nouvelle de Célestin Djamen

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Sun, 8 Feb 2026 Source: www.camerounweb.com

Célestin Djamen : « Les vraies valeurs commencent par la famille »

L'analyste plaide pour un rôle accru de l'État face à la défaillance parentale

Sur le plateau de Canal Presse diffusé sur Canal 2 International, Célestin Djamen a livré une réflexion approfondie sur le rôle de la famille dans la transmission des valeurs et sur la nécessité pour l'État de suppléer aux carences éducatives dans les familles fragilisées par la pauvreté. L'analyste s'inspire notamment des modèles d'États socialistes.

Pour Célestin Djamen, la transmission des valeurs trouve d'abord sa source dans le cadre familial, qu'il s'agisse de familles monoparentales ou biparentales. Selon lui, c'est au sein du foyer que l'enfant acquiert les premiers codes sociaux et les bases du vivre-ensemble.

Les vraies valeurs commencent par la famille, c'est-à-dire famille monoparentale, famille biparentale. C'est d'abord la famille. C'est au sein de la famille qu'on apprend à dire bonjour, merci, etc. », a-t-il affirmé.

Cette vision place la famille au centre du processus éducatif, comme premier espace de socialisation où se construisent les repères moraux et comportementaux de l'enfant.

Si la famille constitue le socle, Célestin Djamen reconnaît que l'école peut jouer un rôle de substitution lorsque les parents se trouvent dans l'incapacité d'assumer pleinement leur mission éducative.

L'école, en cas de défaillance des parents, peut suppléer », a-t-il souligné, esquissant ainsi un système où l'institution scolaire ne se limite pas à la transmission des savoirs académiques, mais assume également une fonction d'éducation morale et civique.

Les modèles d'États socialistes : Russie, Chine, Corée du Sud

Pour étayer son propos, l'analyste a cité plusieurs exemples d'États où le gouvernement joue un rôle central dans l'éducation et la formation citoyenne, notamment pour compenser les défaillances familiales.

Vous avez regardé, par exemple, dans les États socialistes de l'époque, l'Union soviétique, même la Russie actuelle, la Corée du Sud, la Chine, etc. L'État peut suppléer à la défaillance des familles », a-t-il expliqué.

Ces systèmes, selon lui, ont démontré qu'un État volontariste peut prendre en charge l'éducation morale, civique et comportementale des enfants, notamment lorsque les conditions socio-économiques empêchent les parents d'exercer pleinement leur rôle.

Célestin Djamen a également pointé du doigt la précarité économique comme facteur limitant la capacité des parents à éduquer leurs enfants. Dans les familles pauvres ou en situation de vulnérabilité, la priorité donnée à la survie économique laisse peu de temps et d'énergie pour l'encadrement éducatif.

Les parents, souvent, notamment les familles un peu misérables ou pauvres, n'ont pas le temps d'éduquer leurs enfants, même si ce n'est pas une excuse », a-t-il concédé.

Il a précisé que dans ces contextes, le parent est accaparé par la nécessité de travailler pour subvenir aux besoins du foyer, au détriment de l'accompagnement éducatif de ses enfants.

Le parent est au travail pour ramener quelque chose à la maison, et donc ils n'ont pas le temps nécessaire pour éduquer les enfants », a-t-il observé.

L'intervention de Célestin Djamen soulève une question fondamentale : l'État camerounais doit-il renforcer son rôle dans l'éducation citoyenne et morale, au-delà de sa mission purement académique ?

En s'inspirant des modèles socialistes cités, l'analyste semble suggérer qu'un investissement public plus important dans l'encadrement des enfants issus de milieux défavorisés pourrait contribuer à réduire les phénomènes de déviance et à offrir une égalité des chances dans l'accès aux valeurs sociales de base.

Cette vision interroge le rôle de l'école, qui ne serait plus seulement un lieu de transmission de savoirs, mais également un espace de substitution familiale pour les enfants dont les parents, contraints par les réalités économiques, ne peuvent assurer pleinement leur mission éducative.

Les propos de Célestin Djamen ouvrent un débat essentiel sur les responsabilités respectives de la famille, de l'école et de l'État dans l'éducation des enfants camerounais. À l'heure où les inégalités socio-économiques s'accentuent, la question du rôle supplétif de l'État dans l'éducation mérite d'être approfondie.

Faut-il renforcer les dispositifs publics d'encadrement des enfants en situation de vulnérabilité ? Comment garantir que tous les enfants, quelle que soit leur origine sociale, bénéficient d'une éducation aux valeurs de base ? Ces interrogations constituent autant de défis pour les politiques publiques camerounaises.

Dans plusieurs pays d'inspiration socialiste, l'État a historiquement joué un rôle central dans l'éducation morale et civique des enfants, notamment à travers des structures parascolaires (pionniers, jeunesses communistes, etc.). Ces systèmes visaient à compenser les inégalités sociales et à former des citoyens selon les valeurs promues par l'État.

Source: www.camerounweb.com