L’information est contenue dans communiqué rendu public par la ministère des mines
Selon le Rapport ITIE Cameroun 2023, seulement 22,3 kgs d’or ont été officiellement exportés en 2023. Pourtant, les chiffres publiés par les Émirats arabes unis révèlent un volume d’exportation supérieur de 15 tonnes, un écart dramatique et préoccupant. Ces chiffres mettent en lumière d’importants flux financiers échappant au contrôle de l’État et générant des pertes fiscales estimées à 165 milliards FCFA, soit une somme considérable qui aurait pu servir au financement de projets sociaux ou au développement des infrastructures locales. Ce décalage illustre également le manque de traçabilité dans la filière aurifère, qui fragilise la gouvernance et crée un climat de défiance auprès des citoyens et des partenaires internationaux.
De plus, cette situation pose la question de la capacité réelle du Cameroun à gérer ses ressources minières, en particulier dans un contexte où l’exploitation artisanale et semi-mécanisée reste largement dominante et où les normes de contrôle demeurent insuffisantes.
Sur les mesures prises visant à éradiquer le phénomène de contrebande dans le secteur artisanal de l’or
Pour lutter contre ce trafic des échanges entre le Ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement Technologique, le Directeur Général de la SONAMINES et les opérateurs du secteur minier se sont tenues le 21 janvier 2026. À l’issu de ces échanges, « il est porté à la connaissance des titulaires des autorisations d’exploitation artisanale semi-mécanisée en cours de validité que le délai de quinze (15) jours accordé pour le paiement de la caution de remise en état des sites et la signature des cahiers des charges avec les parties concernées étant largement dépassé, le Ministère en charge des mines procédera à compter du 20 février 2026 au retrait des autorisations accordées, conformément aux dispositions de l’article 168(2) de la loi n° 2023/014 du 19 décembre 2023 portant Code minier et à la fermeture des sites des opérateurs concernés ».
L’information est contenue dans communiqué rendu public par la ministère des mines, dont la rédaction de CamerounWeb a obtenu copie.
Le communiqué précise que « les titulaires des autorisations à jour au regard des exigences sus-évoquées disposent d’un délai de trois (03) mois à compter de la date de signature du présent communiqué pour :
(i) construire un système de vente clos, ou présenter un contrat de partenariat avec un opérateur disposant d’un tel système, et
(ii) élaborer et soumettre à la validation du Ministre chargé des mines une étude de faisabilité sommaire comprenant la teneur moyenne du site et le seuil minimal de production ».
De même, «toute demande d’autorisation d’exploitation artisanale semi-mécanisée est précédée désormais d’une autorisation d’accès au site délivrée par le Délégué régional territorialement compétent, aux fins de sondage en vue d’élaborer l’étude de faisabilité sommaire susmentionnée. Ladite demande est accompagnée d’un cahier des charges signé entre l’opérateur et toutes les parties prenantes concernées, ainsi que les justificatifs de paiement aux fonds de restauration des sites miniers ».
À travers cette sortie « le Ministre chargé des mines rappelle que le travail de nuit ainsi que la conduite des activités d’exploitation artisanale semi-mécanisée à l’intérieur des permis de recherche sont interdits, conformément aux dispositions de l’article 24(5) de la loi susvisée.
« Aussi, à compter de la date de notification de l’autorisation d’exploitation artisanale semi-mécanisée, son titulaire dispose d’un délai de trois (03) mois pour se conformer au système de vente clos, qui est l’une des mesures correctives mises en place depuis quelques années déjà, permettant à la fois de suivre la sincérité des déclarations des exploitants mais également de contrôler la production.
« Avec la restructuration susmentionnée portant sur le contrôle de la production, le Cameroun, comme les autres pays dotés d’un secteur minier peu développé, vise ainsi à améliorer la maîtrise de ce secteur largement influencé par les activités informelles ou la fraude. À titre d’exemple, quelques pays africains connaissent les mêmes phénomènes, notamment le Soudan où vingt-neuf (29) tonnes d’or sont exportées sans être déclarées, la Libye et l’Ouganda où ce sont neuf (09) tonnes d’or qui sont dans cette situation, dix-huit (18) tonnes au Tchad, dix-neuf (19) tonnes au Rwanda, cinquante-deux (52) tonnes au Togo, tandis qu’au Ghana, 80 % de l’or produit de manière artisanale et exporté échappe au circuit formel.
« Il est important de noter que notre pays a pu canaliser au Trésor public, au cours de ces dernières années, environ mille cinq cents (1 500) kg d’or, alors que depuis l’indépendance jusqu’aux années 2000, nos réserves d’or étaient de trente-sept (37) kg.
« Enfin, le Gouvernement a engagé des démarches et négociations dans le but de nouer un partenariat avec des partenaires privés en vue de canaliser, à partir des sites de production, l’or produit au Cameroun. Ceci permettra à l’État de maîtriser la production et d’améliorer la collecte à la source de l’impôt synthétique de 2,5 % et de la taxe à l’exportation de 5 % sur la base de la production réelle des sociétés minières.
« Le Ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement Technologique compte sur le civisme de tous les acteurs pour le respect scrupuleux des présentes mesures, qui visent non seulement la protection de l’environnement mais également la traçabilité de l’or produit en République du Cameroun et l’optimisation des recettes de l’État ».