Le président élu par le peuple s'adresse solennellement aux jeunes Camerounais et promet une transition générationnelle
Quelques mois après Paul Biya, c'est au tour d'Issa Tchiroma Bakary de s'adresser directement à la jeunesse camerounaise. Depuis son exil en Gambie, celui qui se présente comme le "président élu par le peuple" a publié une déclaration solennelle dans laquelle il reconnaît les souffrances de la jeunesse et promet une rupture avec l'ancien système. Un message qui intervient dans un contexte de tensions politiques marqué par la répression post-électorale.
Dans une déclaration officielle estampillée "République du Cameroun" et signée de sa main, Issa Tchiroma Bakary brise le silence. Ses premiers mots sont empreints d'empathie : "Jeunesse camerounaise, je sais ce que vous vivez depuis toujours : fatigue, colère, découragement."
Le leader politique exilé dresse un constat sans détour de la situation que traverse la jeunesse camerounaise. Il évoque les événements tragiques survenus depuis octobre 2023 : "des morts, des blessés, des arrestations, plus de 2 500 détentions abusives pour avoir réclamé un droit simple — choisir vivre avant."
Un passage particulièrement poignant de sa déclaration est consacré à Justin Hara, ce jeune homme décédé en détention après avoir été arrêté pendant la répression post-électorale. "Il était jeune, avec toute sa vie devant lui. Je pense à sa famille, et à toutes les familles touchées", écrit-il, promettant que "les souffrances de toutes les victimes de cette répression, ne resteront pas impunies."
"Une nation jeune ne peut pas avancer en bloquant sa jeunesse"
Issa Tchiroma Bakary développe ensuite une réflexion sur le paradoxe camerounais. Comment un pays à la démographie jeune peut-il progresser en marginalisant sa propre jeunesse ?
"Quand les postes sont verrouillés, quand le mérite ne suffit plus, quand l'avenir semble fermé, c'est le pays qui se condamne", martèle-t-il dans sa déclaration.
Cette analyse rejoint les frustrations exprimées depuis des années par une jeunesse camerounaise diplômée mais souvent sans perspectives réelles d'ascension sociale ou professionnelle.
La partie centrale de la déclaration marque une rupture avec le discours politique traditionnel. Issa Tchiroma Bakary refuse de faire des promesses : "Je ne viens pas faire des promesses. Je viens avec une obligation : livrer. La transition générationnelle commence maintenant."
Le président élu par le peuple détaille ensuite un programme concret articulé autour de plusieurs axes :
Accès réel aux responsabilités : permettre aux jeunes d'occuper des postes de décision
Règles claires et transparence : mettre fin à l'opacité dans la gestion publique
Soutien aux projets créateurs d'emplois : priorité à l'entrepreneuriat, au numérique, à l'agriculture moderne et à la formation professionnelle
"Et je vous le dis : quelque chose de grand arrive", annonce-t-il, promettant la mise en place "d'un cadre clair pour que le peuple — et d'abord la jeunesse — prenne sa place, s'organise, s'exprime, et passe."
Dans un passage particulièrement marquant, mis en exergue dans le document, Issa Tchiroma Bakary affirme son identité politique et ses principes :
"Ceux qui m'ont connu face à la répression savent une chose : quand on voulait m'intimider, j'ai répondu simplement : JE SUIS TCHIROMA. Je ne plie pas. Je ne me cache pas. Et je ne trahis pas. Je suis à pied d'œuvre."
Cette déclaration semble vouloir rassurer ses partisans sur sa détermination malgré l'exil, tout en répondant peut-être à ceux qui douteraient de son engagement.
Si le message d'Issa Tchiroma Bakary résonne avec les aspirations d'une partie de la jeunesse camerounaise, plusieurs questions demeurent. Comment ce programme sera-t-il mis en œuvre depuis l'exil ? Quels sont les moyens concrets dont dispose le leader pour tenir ses engagements ? Et surtout, comment cette "transition générationnelle" peut-elle s'opérer dans le contexte politique actuel ?
Le document se conclut par un appel vibrant : "Vive la jeunesse camerounaise, Vive le Cameroun Nouveau", signé depuis la Gambie où Issa Tchiroma Bakary a trouvé refuge.
Cette déclaration intervient à un moment crucial pour le Cameroun, où les tensions politiques restent vives et où la question générationnelle devient de plus en plus pressante. Reste à voir si ce message trouvera un écho au-delà des frontières et si les promesses de "cadre clair" et de "transition générationnelle" se concrétiseront.