Fin du régime Biya : Chantal Biya met en place deux puissants clans pour prendre le pouvoir
L’attente presqu’interminable de la formation du nouveau gouvernement, promis par le président Paul Biya lors de son discours de nouvel an, révèle les réalités du pouvoir au Cameroun. Selon plusieurs sources concordantes proches du Palais de l’unité, l’homme de Mvomeka’a n’a plus la main mise sur la gestion des affaires du pays. Un seul nom revient en boucle : Chanta Biya.
La première dame du Cameroun serait à la tête d’un clan à bouble visage. L’un dirigé par le tout puissant ministre secrétaire général de la Présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh et l’autre ayant à sa tête le pasteur Oswald Baboké.
Voici comment ce pays est gouverné
Au sommet des décisions, il y a Chantal Biya, femme de Paul Biya, officiellement encore chef de l'Etat. Autour de cette décideur sans cursus scolaire ni parcours politique, deux officines :
Le cabinet de Ferdinand Ngoh Ngoh, "grand-frère" de Chantal (la famille de l'homme à la punk a recueilli Chantal lorsqu'elle était en détresse, à un moment de vie de sa jeunesse). Autour de cet homme, gravitent ministres, responsables sécuritaires, DG d'entreprises, quelques opposants opportunistes, chefs traditionnels, évêques et Imams...
La chapelle de Oswald Baboké, le "frère" de Chantal (ils ont des liens à partir d'un village de l'Est-Cameroun). Chantent dans cette chapelle, tous ceux qui s'opposent aux pouvoirs illimités de l'homme à la punk, quelques opposants opportunistes, toute une chorale d'artistes (avec ou sans talent), d'influenceurs analphabètes et de sportifs en recyclage.
Entre les deux groupes, Chantal arbitre. Bien souvent avec des émotions mais aussi avec toute la science de l'Etat qu'on lui connaît...
Leurs opposants ne sont surtout pas les chefs de partis que vous voyez sur la scène politique. L'opposition à ce pouvoir se trouve à l'intérieur même du biyameroun, cette boîte de sardines qui nourrit la conservation du pouvoir Biya.
Le chef de fil s'appelle Paul (comme Biya) Motaze. Il est le neveu de la première-première dame, décédée dans des circonstances troubles, il y a 30 ans; il est aussi le frère du capitaine Michel Motaze, aide de camp de Biya, lui aussi décédé dans des circonstances qui demeurent troubles. Ministre des finances, c'est Paul Motaze qui gère l'argent du pays. Il a avec (ou derrière, je ne sais pas) lui, le fils officiellement aîné de Biya, Frank Biya, qui veut être Ali Bongo mais Chantal lui fait peur... il y a aussi le garde des sceaux, Laurent Esso alias le Keur du pays, ami de longue date de Biya et de temps en temps, Samuel Mvondo Ayolo alias tonton sam. Gravite autour d'eux, quelques ministres nerveux, une horde d'opportunistes de toute provenance, des membres de la mangeoire ou candidats postés aux portes...
Comme vous pouvez le constater, tous agissent et parlent au nom de Biya qui n'agit nulle part :
- Il n'a plus l'autonomie physique pour se lever ou pour savoir quand et pourquoi il faut se lever.
- Il n'a plus le pouvoir de décider seul puisqu'il a remis sa signature à son "beau-frère" à la punk qui, lui, obéit à Chantal. Et comme ils sont nombreux à obéir à Chantal, n'importe qui peut utiliser la signature abandonnée, même le garde de corps...
Quel pays !
Venant Mboua